BIEN-ÊTRE
18/02/2016 09:57 EST | Actualisé 18/02/2016 10:02 EST

L'amour au temps des néandertaliens

JOERG CARSTENSEN

Les premiers croisements entre néandertaliens et hommes modernes remonteraient à 100 000 ans, selon des anthropologues allemands.

Cela suggère que certains hommes modernes ont quitté l'Afrique plus tôt qu'on ne l'estimait jusqu'à maintenant.

Le chercheur Sergi Castellano et ses collègues de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste ont analysé le génome d'un homme de Néandertal dont les restes ont été retrouvés dans une grotte des montagnes de l'Altaï en Sibérie, près de la frontière entre la Russie et la Mongolie.

Son génome contenait des traces génétiques de l'homme moderne.

Ainsi, les premières relations sexuelles entre les deux espèces n'auraient pas eu lieu il y a 40 000 ans environ, mais il y a 100 000 ans.

Or, ces accouplements n'ont pu être possibles que si certains hommes modernes sont sortis d'Afrique bien avant les 65 000 ans communément admis à ce jour.

«L'homme moderne qui a influencé les gènes de ce néandertalien de Sibérie doit provenir d'un groupe qui a quitté l'Afrique bien avant la migration des ancêtres des Européens et des Asiatiques d'aujourd'hui.» - Sergi Castellano

Le chercheur ajoute que cette information constitue la première preuve génétique de la présence de l'homme moderne hors d'Afrique.

«C'est une preuve indirecte, car nous ne disposons pas d'ossements de ces hommes, mais seulement de traces qu'ils ont laissées chez les néandertaliens.» - Sergi Castellano

Le détail de ces travaux est publié dans le magazine Nature.

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