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18/02/2016 03:07 EST | Actualisé 18/02/2016 03:45 EST

10 activités incontournables des 34e Rendez-Vous du cinéma québécois (PHOTOS)

Shutterstock / Nejron Photo

Les 34e Rendez-Vous du cinéma québécois (RVCQ) s’ouvrent aujourd’hui, jeudi le 18 février, dans une atmosphère un tantinet grinçante, gracieuseté de la controverse entourant Claude Jutra, le changement de titre du gala qui portait son nom et autres désagréables retombées.

Or, il n’y a pas de quoi bouder l’événement pour autant. Car, avec ses 46 longs-métrages de fiction, 92 documentaires, 236 court-métrages, 42 films d’art et expérimentation, 15 films d’animation et 27 films étudiants, pour un total de 330 films projetés pendant 10 jours, dont 125 en première, et sa trentaine d’activités gratuites, le festival dédié au septième art d’ici demeure encore une formidable façon, ludique et accessible, de prendre le pouls des tendances qui font présentement vibrer nos écrans, de se mettre à jour sur les œuvres qui ont pris l’affiche dans la dernière année et d’échanger avec les créateurs.

Et, foi de Dominique Dugas, directeur des RVCQ, si on a beaucoup parlé de la «confrontation» entre les cinémas d’auteur et populaire il y a quelques semaines, lorsqu’ont été dévoilés les finalistes de la 18e Soirée des Jutra (dont la prochaine édition, le 20 mars, sera rebaptisée sous peu), la débat ne se transportera pas jusque sur le terrain des Rendez-Vous.

«C’est un débat éternel, signale Dominique Dugas. Nous, aux Rendez-Vous, on n’aime pas beaucoup cette opposition entre un cinéma qui serait «populaire» ou «d’auteur». C’est une question qui, nous, ne nous préoccupe pas. Chez nous, tous les films existent, et tous les films sont des films d’auteur et peuvent prétendre à un succès public.»

«Les Rendez-Vous ne prennent pas place dans ce débat, que je considère personnellement assez stérile, a poursuivi le directeur. Tous les créateurs veulent que leurs films soient vus le plus possible ; il y a des enjeux de distribution qui font que certains films sont vus plus que d’autres, mais je ne connais pas un seul créateur qui souhaite que personne ne voie son film. Que certains auteurs ne feraient des films que pour eux, entre eux, et que d’autres n’auraient que des visées populaires, on ne souscrit pas à cette polémique. C’est contre-productif.»

Voici un aide-mémoire pratique, répertoriant dix grandes catégories des principales attractions. Notons que la plupart de celles-ci ont lieu au Quartier latin (Cinéplex, UQAM, BAnQ, Cinémathèque, etc).

1- Les Soirées Tapis bleu

Cinq films auront le privilège d’être présentés en première dans le cadre des RVCQ et précédés d’un «tapis bleu», proche cousin du traditionnel tapis rouge, si ce n’est de la couleur qui diffère pour marquer le caractère distinct des RVCQ.

D’abord, Boris sans Béatrice, dernier-né de Denis Côté - lequel avait aussi lancé le festival en 2012 avec Bestiaire – donnera le coup d’envoi aux festivités ce soir, au Cinéma Impérial, avant de prendre officiellement l’affiche au Québec, le 4 mars prochain. James Hyndman, Simone-Élise Girard et l’acteur français Denis Lavant se donnent la réplique dans Boris sans Béatrice, qui vient aussi d’être diffusé en compétition à la Berlinale. Pour la première fois, la soirée d’ouverture des RVCQ et son film-vedette seront retransmis en direct sur les écrans du Clap, à Québec, et de la Maison du cinéma, à Sherbrooke, pour permettre aux gens de l’extérieur de Montréal de profiter de la fête.

Avant les rues, de Chloé Leriche, qui vient aussi de faire escale à la Berlinale, clôturera les 34e RVCQ le samedi 27 février. Entre les deux, Copenhague – A Love Story, de Philippe Lesage (25 février), Cris sur le bayou, de Danic Champoux (23 février) et Montréal la Blanche, de Bachir Bensaddek (22 février) auront tous droit à leur tapis bleu.

2- Les Préludes

Les 5 à 7 Préludes des RVCQ font office d’apéritif en vue de la sortie prochaine de films québécois attendus. Réalisateurs et acteurs des œuvres choisies se réunissent autour de l’animatrice Marie-Louise Arseneault, au Bistro SAQ de la Cinémathèque québécoise, et discutent de la production, extraits inédits à l’appui. Des échanges toujours détendus, où le public est libre de poser des questions. Cette année, Embrasse-moi comme tu m’aimes, d’André Forcier (24 février), et Nelly, d’Anne Émond, (26 février), sont au cœur de ces Préludes.

3- Lost Soul en projection-concert

Anik Jean aux Rendez-vous du cinéma québécois? Oui, dans un projet très particulier, qui pourrait «faire des petits» dans les années à venir. Avec son complice Jean-François Bergeron, Anik a pondu un film dérivé de son album anglophone Lost Soul, dans lequel une femme, Laura, qui mène une existence en apparence parfaite avec son mari et ses deux enfants dans sa rutilante maison de campagne, rêve de s’exiler en ermite dans la forêt. Les images de Lost Soul, très peu dialoguées, sont principalement portées par les chansons du disque du même titre, qu’Anik interprétera en direct lors de la présentation aux RVCQ. Autrement dit, la trame sonore de Lost Soul s’incarnera live, sur place, pendant le visionnement, au lieu d’être préenregistrée. Une expérience différente, inspirée de l’époque des films muets, à vivre le 24 février. On vous en reparle plus longuement dans les prochains jours.

4- Les Leçons de cinéma

L’an dernier, Jean-Marc Vallée, Xavier Dolan, Marc Labrèche et Denis Côté s’étaient prêtés au jeu des Leçons de cinéma des RVCQ. Marc Labrèche avait été hilarant, Jean-Marc Vallée, éloquent, Xavier Dolan, authentique. On renouvelle le concept cette année, avec des «leçons» ou, plutôt, des confidences, des âmes de Série noire, François Létourneau et Jean-François Rivard (20 février), de Philippe Falardeau (23 février), d’André Turpin (22 février) et de Pascale Bussières (26 février).

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5- Grand Rendez-Vous Télé : Les pays d’en haut

Radio-Canada étant l’un des proches partenaires des RVCQ, chaque année, un épisode d’une série populaire de la chaîne publique est présenté en primeur le samedi soir, et est suivi d’une causerie avec ses principales vedettes. Ce fut Apparences en 2012, Unité 9 en 2013, Série noire en 2014, Nouvelle adresse en 2015, et ce sera Les pays d’en haut en 2016. Le 20 février, Sarah-Jeanne Labrosse, Vincent Leclerc, Julie LeBreton, Madeleine Péloquin, Anne-Élisabeth Bossé ainsi que le réalisateur Sylvain Archambault et les producteurs François Rozon et Sophie Deschênes répondront aux questions des téléspectateurs les plus assidus de l’adaptation moderne des tribulations de Séraphin, Donalda et Alexis et leur entourage.

6- Les Tables rondes

Aux RVCQ, tous les prétextes sont bons pour parler, partager, débattre et réfléchir. On happe un sujet dans l’ère du temps et on en décortique les enjeux pour mieux le comprendre. On s’attardera cette fois à l’Éducation à l’image (23 février), en portant un regard sur la pertinence de doter le Québec d’une politique d’éducation cinématographique au primaire et au secondaire et à la Diversité culturelle à l’écran (25 février), qui se penchera sur la question on ne peut plus actuelle de la représentation de la diversité des origines à la télévision et au cinéma.

Il y aura aussi possibilité de rencontrer les nommés dans la catégorie du Meilleur film du Gala des Jutra, de même que les animateurs de la cérémonie, Pénélope McQuade et Stéphane Bellavance (22 au 26 février), les finalistes au Prix collégial du cinéma québécois (19 février), des créateurs issus de la francophonie de partout au Canada (23 février), des concepteurs de web-séries (26 février) et de courts-métrages (24 février) ainsi que des diplômés et des professeurs de l’Institut national de l’image et du son (INIS), qui célèbre ses 20 ans en 2016. On soulignera en outre les 40 ans du Festival international du film de Toronto (TIFF), avec son directeur depuis 1994, Piers Handling (22 février).Le choix de tables rondes des RVCQ est extrêmement vaste, à vous de choisir celle qui vous plaira.

7- Les Rendez-Vous Popcorn

Préparons les cinéphiles de demain. Une jolie gamme d’activités des RVCQ a été pensée spécialement pour les enfants et les adolescents. Déplacez-vous donc avec votre marmaille, le dimanche 21 février, pour regarder en famille La guerre des tuques 3D et Aurélie Laflamme – Les pieds sur terre, découvrir une sélection de courts-métrages adaptés aux bambins, et participer à une multitude d’ateliers amusants : jeux interactifs sur iPad, dessin, bricolage, apprentissage de techniques d’animation telles le stop motion et la pixilation, chorégraphies de combats et de cascades devant la caméra et composition de musique. Le tout se passe à la Cinémathèque québécoise, et on peut apporter son repas pour le dîner.

8- Des Nuits endiablées

Après avoir diverti les tout-petits ou s’être offert un marathon de films, les grandes personnes apprécieront de se délier les jambes ou de rigoler un brin lors des Nuits, peut-être pas entièrement blanches, mais pas complètement noires non plus, et surtout festives et éclatées, des RVCQ. Boris et Béatrice ont vu une soirée d’ouverture ouvrira le bal ce soir et ensuite, hockey, courts-métrages, 25 ans de CISM et Série noire seront tous au centre des DJ Set toujours très courus des RVCQ. Et on n’oublie pas le désormais traditionnel Elvis Gratton Picture Show, où on scande en chœur les répliques-cultes du non moins légendaire film de Falardeau, lors d’une projection en plein air, entrecoupée de surprises, sur la Place des Festivals. Pour adultes avertis et, surtout, prêts à faire la fête!

9- Des films à rattraper

Sauf quelques exceptions, nos films québécois ne tiennent malheureusement pas longtemps l’affiche lorsqu’ils sortent en salles. Aux RVCQ, c’est le moment idéal de rattraper ces œuvres qui nous sont peut-être passées sous le nez au moment de leur «mise à feu». Dans les dix prochains jours, on en profite pour plonger dans Paul à Québec, Guibord s’en va-t-en guerre, Le journal d’un vieil homme, Noir, Endorphine, Le mirage, Le nez, Là où Atilla passe, Les êtres chers, Le garagiste, Autrui, Anna, La passion d’Augustine, Chorus, Elephant Song, Les démons, Antoine et Marie, Corbo, Félix et Meira, Ville-Marie, Gurov et Anna et autres titres dévoilés en 2015. Pour le plaisir de s’immerger dans de nouveaux univers et pour célébrer le boulot de nos cinéastes, qui passe trop souvent sous le radar. Consultez le site web des RVCQ pour toute l’horaire des représentations.

10- Courts-métrages et documentaires

Les RVCQ offrent en outre une vaste tribune aux courts-métrages et aux documentaires, deux genres négligés par les grandes salles. Côté docus, 31 premières se tiendront pendant les Rendez-vous, alors que 236 courts-métrages y trouveront une première fenêtre pour rejoindre le public. Des thèmes et des histoires variés, des regards nouveaux sur notre monde et notre société, des talents à faire émerger, c’est un beau cadeau intellectuel à s’offrir que de s’initier et de promouvoir les courts-métrages et les documentaires, pendant les RVCQ ou pas. Encore ici, consultez le site web des RVCQ pour davantage de détails.

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La comédienne Pascale Bussières assume cette année le rôle d’ambassadrice des Rendez-Vous du cinéma québécois.

Les 34e Rendez-Vous du cinéma québécois se tiennent jusqu’au 27 février.

Toute la programmation des RVCQ est disponible au www.rvcq.com.

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