POLITIQUE
16/02/2016 10:42 EST

Québec crée un programme pour protéger les jeunes de dangers pressants

Québec injecte 3 millions de dollars dans un programme destiné à renforcer la capacité de municipalités à se mobiliser contre des phénomènes qui menacent la sécurité des jeunes, a annoncé mardi le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux. Une décision qui « n'est pas à la hauteur du problème », selon le député péquiste Jean-François Lisée.

Un premier projet issu de ce programme baptisé « Prévention Jeunesse » visera à contrer l'exploitation sexuelle de jeunes filles à Laval, a précisé le ministre Coiteux en conférence de presse. Récemment, plusieurs adolescentes ont fugué du Centre jeunesse de Laval et leurs parents ont dit craindre qu'elles ne soient tombées dans les griffes de proxénètes.

« Prévention Jeunesse se veut un programme flexible qui pourra être rapidement déployé au sein d'une communauté, si elle estime avoir besoin de moyens supplémentaires pour lutter plus efficacement contre un enjeu pressant touchant la sécurité des jeunes. »

— Martin Coiteux, ministre de la Sécurité publique

Ce projet sera subventionné à hauteur de 125 000$ par année, pendant cinq ans, a précisé le ministre Coiteux. L'argent servira notamment à embaucher un coordonnateur, qui deviendra le « pivot » d'une équipe multisectorielle, et qui assurera un partage d'informations entre les partenaires communautaires institutionnels et concernés.

A Laval, cette équipe multidisciplinaire sera constituée de deux policiers, d'un intervenant juridique du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels, d'un intervenant social du réseau de la santé et d'un agent de liaison du centre jeunesse.

Selon M. Coiteux, cette équipe sera déployée « dans les milieux à risque et de proximité » - rues, écoles, lieux de prostitution, métro centre jeunesse - en vue de permettre « un accès rapide à de l'information et la prise en charge, l'accompagnement et le soutien des personnes à risque et des victimes ».

En conférence de presse, le ministre Coiteux a expliqué que le gouvernement Couillard a décidé d'agir de la sorte après qu'il eut rencontré les directeurs de la police de Montréal et Laval, Philippe Pichet et Pierre Brochet, la semaine dernière, pour discuter de la situation du Centre jeunesse de Laval.

« Ils ont évoqué le défi, compte tenu des nombreux intervenants concernés, d'échanger de l'information en temps réel dans un contexte d'urgence pour mieux prévenir, réagir aux évènements et accompagner les victimes dans un souci de les protéger, tout en document la preuve requise pour d'éventuelles procédures judiciaires », a-t-il dit.

Un programme qui n'est « pas à la hauteur du problème », selon Lisée

« Ce n'est pas très impressionnant », a commenté le porte-parole du Parti québécois en matière de protection de le jeunesse, Jean-François Lisée. « Ce n'est certainement pas à la hauteur du problème qui existe maintenant ».

M. Lisée concède qu'il est « content qu'il y ait du mouvement » du côté du gouvernement, mais soutient qu'il s'agit là d'un « trop petit pas » considérant les « dégâts » qu'il a causés en effectuant des compressions dans le réseau de la santé.

Le coordonnateur que l'argent du gouvernement permettra d'embaucher aura vraisemblablement un salaire de 60 000 $ ou 70 000 $ par année, a-t-il souligné, ce qui représente environ la moitié de la somme annuelle de 125 000 $ consacrée au projet.

Or, selon Jean-François Lisée, le gouvernement a coupé le programme de prévention et d'intervention en matière d'exploitation sexuelle des adolescents, financé à hauteur de 1,1 million de dollars par année, sans compter qu'il a réduit le financement des centres jeunesse de 20 millions par année.

M. Lisée déplore que le gouvernement n'annonce aucun réinvestissement dans les organismes qui lutte contre l'exploitation sexuelle sur le terrain, et qu'il refuse toujours de mettre sur pied une escouade mixte Montréal-Longueuil-Laval qui se consacrerait au même objectif.

Il aurait aussi souhaité que le ministre Coiteux annonce que Québec va lutter contre les publicités pour des services sexuels qui pullulent sur Internet, un crime passible de peines de prison.

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