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15/02/2016 06:06 EST | Actualisé 15/02/2016 06:06 EST

«La voix»: nos chouchous de la semaine

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C’était l’ultime ronde d’auditions à l’aveugle à La voix, dimanche, à TVA. Les équipes des coachs Ariane Moffatt, Pierre Lapointe, Marc Dupré et Éric Lapointe sont maintenant complètes. Dès dimanche prochain, place à l’étape cruciale des duels! Or, d’ici là, voici notre appréciation des prestations des candidats-vedettes de la semaine.

Il aurait été surprenant que les fauteuils rouges ne se retournent pas pour saluer les grandes capacités vocales de Yohann Beaufils, Français originaire de Rouen, qui a galéré à X Factor et The Voice, en France, avant d’atterrir sur le plateau mené par Charles Lafortune. Les quatre coachs ont néanmoins hésité un brin, sans doute pour la forme, avant de réagir. Le timbre à la fois doux, pur et porteur - en un mot : impressionnant - de Yohann a séduit, sur Comme toi, de Jean-Jacques Goldman. Ariane Moffatt a vanté ses qualités soul et sa facilité à placer son âme au centre de son interprétation, Pierre Lapointe y a perçu la beauté de la tristesse, Éric Lapointe a évoqué l’image d’un chien Mira pour l’attirer et Marc Dupré, lui, a parlé de ses tatouages pour arriver au même résultat. C’est finalement Dupré qui a raflé la mise. Un deuxième Yohann vainqueur marquera-t-il l’histoire de La voix québécoise?

Il ne fallait pas beaucoup de temps pour saisir tout le potentiel de la menue Stefanie Parnell, qui s’est défendue sur From This Valley, du groupe country américain The Civil Wars. On imagine que Stefanie pourrait donner dans le pop comme dans le rock, et serait à la hauteur. Ses talents techniques ont impressionné Ariane, et Éric s’est dit désarmé, au point de lui entonner quelques vers de You Are So Beautiful. Devant ces deux artistes qui lui faisaient face, la jeune femme s’est dirigée vers Ariane.

L’énergique Patricia Bernier, de Saints-Anges, a été habile à faire honneur à sa région beauceronne natale, et pourrait se rendre très loin dans la compétition. Il faudra la surveiller de près. La petite bombe enthousiaste, qui a augmenté son ardeur de quelques crans en voyant les quatre chaises pivoter à tour de rôle, au son de sa dynamique version de Straight Up, de Paula Abdul, semble «en avoir dedans», comme on dit, et a diverti la galerie avec ses pas de danse juste assez endiablés et sa ferveur sincère. Patricia n’en a jamais trop mis, tout chez elle dégage un charme naturel. «Si tu m’en donnes l’occasion, je t’ouvre les portes de mon équipe, de ma maison, de mon garage, chez nous, c’est chez vous. J’ai le goût de travailler avec toi», l’a suppliée Marc Dupré, qui a ravi le cœur (professionnel) de la demoiselle, qu’Éric Lapointe a comparée à un ouragan.

Un nom original, Pastel Soucy-Gagné, une voix rauque, éraillée, à la Melissa Etheridge, une I Shall Be Released, de Bob Dylan, émouvante et surprenante, et une alliance avec Marc Dupré : on ignore la longueur du chemin que Pastel parcourra à La voix, mais la belle a tout pour se faire remarquer. «Elle est toute petite et elle a une voix de train», a fanfaronné un Pierre Lapointe impressionné, et déçu d’avoir vu Pastel lui filer entre les doigts. Une autre qu’on prendra plaisir à voir évoluer.

La très belle Synesthésie, de Malajube, a profité d’une grande vitrine, dimanche, dans la bouche de Simon Patenaude, et grimpera sans doute dans les palmarès de téléchargements dans les prochains jours. Sa sélection musicale lui vaut d’être dans nos chouchous de la semaine, même si le charisme du chanteur reste encore à développer. Pierre Lapointe a été le seul à lui témoigner son intérêt, et c’est tant mieux, car David Rozon, le demi-frère de Simon, a déjà intégré la formation de Pierre, il y a quelques semaines. Sera-ce la rivalité ou la fraternité qui l’emportera entre les deux frangins au fil de la saison?

Autre choix audacieux, La voix humaine, de Catherine Major, qu’a «utilisée» Lou-Adriane Cassidy, de Québec, pour se frayer un passage parmi les candidats de cette mouture de La voix. Ariane, Marc et Pierre auraient bien voulu avoir la possibilité d’enfoncer leur bouton rouge pour hurler «Je te veux» en entendant sa voix puissante, juste, claire et langoureuse, mais leurs rangs étaient déjà remplis. Ils ont dû se contenter de se redresser sur leur banc, impuissants. Éric Lapointe a donc gagné ce «gros lot» nommé Lou-Adriane. «Adriaaaaneee!», a gueulé Ariane Moffat, à la façon de Rocky, pour illustrer son admiration. Il sera intéressant de voir si le public penchera lui aussi pour Lou-Adriane. «Peut-être que la dernière sera la première», a hasardé Éric Lapointe, au sujet du possible triomphe de sa nouvelle amie.

Et les autres…

Mathieu Rancourt, de Montréal, a peut-être un bel avenir folk devant lui, comme il l’a démontré à la guitare sur Le météore, de Stephen Faulkner, mais la suite de sa carrière ne passera pas par La voix. Du moins, pas en 2016. Son effort était agréable, mais n’avait rien d’époustouflant.

Le suave Nicolas Muraton, d’Henryville, en Montérégie, que sa nouvelle guide, Ariane Moffatt, a qualifié «d’homme-orchestre», a été suffisamment convaincant sur Ain’t No Sunshine pour susciter une mini-dispute entre les coachs. Il ne nous a pas particulièrement fait craquer, mais son tour de chant était très honnête.

Édouard Lagacé, de Cowansville, s’est visiblement beaucoup investi dans Cap enragé, de Zachary Richard, mais n’est pas parvenu à se démarquer outre-mesure. Il paraissait tout de même heureux de son expérience.

Sabrina Bellemare, ex-Sabrina Sabotage du duo Orange Orange, l’a échappé belle. On a cru un certain temps que personne ne bougerait, mais les deux Lapointe ont flanché pour elle à mi-chemin de Marcia Baila, de Rita Mitsouko. Mouvements saccadés et voix semblable à l’interprétation originale, Sabrina n’a rien transcendé, mais elle a ensorcelé Pierre Lapointe, qui était visiblement comblé d’être «l’élu» de celle qu’il n’a reconnue qu’en la reconduisant en coulisses.

Sa fougue devra peut-être être canalisée, sa grandiloquence pourrait en agacer quelques-uns, mais David Latulippe a été le coup de cœur des quatre maîtres de piste de La voix 2016, qui en ont justement pincé pour son excitation et sa couleur uniques. Hallelujah (j’ai tant besoin de toi) a bien servi le garçon de Québec, qui a jeté son dévolu, étonnamment, sur Éric Lapointe.

Mignonne et pleine de bonne volonté, Sasha Visagie, d’Oshawa, en Ontario, est peut-être simplement arrivée trop tard dans le concours, les troupes de Marc Dupré et d’Ariane Moffatt ayant déjà été complétées lorsqu’elle s’est produite sur le classique Footloose. Peut-être Sasha aurait-elle peiné à s’en sortir à La voix, ne communiquant qu’en anglais.

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