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14/02/2016 02:03 EST | Actualisé 14/02/2016 02:50 EST

«Le Petit Prince»: l'hommage de Mark Osborne à Saint-Exupéry (VIDÉO/PHOTOS)

Universel le Petit Prince? Il suffit d’aller voir la nouvelle proposition cinématographique du conte d'Antoine de Saint-Exupéry signée par l’Américain Mark Osborne pour s’en persuader. Le réalisateur américain, derrière le génialissime Kung Fu Panda, livre une adaptation tendre et poétique, un autre bel hommage à ce grand chef-d’œuvre de la littérature jeunesse.

Mark Osborne ne se sépare jamais de son exemplaire un peu usé du conte philosophique de Saint-Exupéry. Même en entrevue, il l’apporte, quel que soit l’heure ou l’endroit. «Ma femme m'a offert le livre quand on commençait à se connaître à l'université. On a longtemps entretenu une relation à distance. Notre situation était très difficile à vivre. Cette œuvre nous servait de connexion.»

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Galerie photo «Le Petit Prince» de Mark Osborne Voyez les images

Le réalisateur a aussi emmené les marionnettes en papier utilisées dans son film en 3D qu’il a délicatement posé sur la table. Il y a le renard, l’aviateur, la rose et le Petit Prince, autant de personnages emblématiques qui ont marqué l’enfance de millions de lecteurs à travers le monde. «Il y a aussi la petite fille, ajoute-t-il. Mais elle vient de mon imaginaire. Elle fait partie du récit que j’ai ajouté en parallèle du conte.»

Une production ambitieuse

Car le Petit Prince de Mark Osborne imbrique deux histoires composées de deux techniques d’animation différentes. Celle de Saint-Exupéry réalisée en stop-motion, et celle d’une jeune adolescente dont l’existence semble dictée par les impératifs de carrière de sa mère, une partie originale filmée en images de synthèse.

«Les deux procédés d’animation m’ont permis de distinguer visuellement les deux intrigues du long métrage. J’ai pu aussi élargir l’histoire autour du livre afin de lui rendre hommage. À l’image du Petit Prince de Saint-Exupéry, je voulais que le film parle à tout le monde, qu’importent son âge où ses origines. La grande question, pour moi, était de savoir comment entreprendre une expérience cinématographique qui se compare à celle, profondément émouvante, de la lecture du roman.»

Mais le cinéaste a dû faire preuve d’un sacré courage pour oser adapter une œuvre aussi iconique comme Le Petit Prince, vendue à plus de 180 millions de copies depuis sa parution en 1946 et traduit autour de 240 langues et dialectes. Présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, le film, réalisé entre Paris et Montréal, s’est avéré le gros événement de la Croisette.

«Lorsqu’on m’a proposé ce projet ambitieux, j’ai tout de suite refusé, a-t-il expliqué. J’étais alors convaincu qu’il était impossible de pouvoir adapter ce conte au grand écran. Chacun ayant sa propre interprétation de l’œuvre, beaucoup auraient été déçus du résultat. Mais après mûre réflexion, je me suis dit que la seule façon d’y parvenir serait de m’éloigner de l’œuvre originale. Ainsi l’histoire de cette petite fille qui s’ajoute en parallèle du Petit Prince m’offrait la liberté d’aller vers d’autres chemins, jusque-là inexplorés.»

«L’essentiel est invisible pour les yeux», c’est à partir de cette phrase emblématique, tirée du livre, que le film s’est construit raconte Osborne. «Au fond, le Petit Prince nous dit qu’on ne doit pas oublier son enfance. Le conte initiatique est très complexe. Il peut se comprendre sur plusieurs niveaux de lecture. Personnellement, je retiens son discours nostalgique sur la perte de l’innocence», a-t-il conclu.

Le Petit Prince (The Little Prince) – Les Films Séville – Film d’animation – 106 minutes – Sortie en salles le 12 février 2016 – France.

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