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14/02/2016 08:51 EST | Actualisé 14/02/2017 00:12 EST

Le pape dans l'une des villes les plus violentes du Mexique pour une messe en plein air

Le pape François a entamé dimanche sa visite de lieux dangereux du Mexique, arrivant par hélicoptère à Ecatepec, cité connue pour son taux élevé de violences envers les femmes, afin d'y célébrer une messe devant plus de 300.000 personnes.

Auparavant, le souverain pontife a traversé Mexico en papamobile devant une foule nombreuse, s'arrêtant un moment pour saluer des nonnes, avant de survoler en hélicoptère les pyramides de l'ancienne cité de Teotihuacan.

A Ecatepec, plusieurs milliers de fidèles ont passé la nuit sur place, malgré le froid, dormant dans des abris improvisés de plastique ou de carton, pour pouvoir assister à cette messe en plein air qui se tiendra sur une estrade ornée de dessins aztèques colorés.

"Nous avons confiance en Dieu, le pape ne vient pas ici par hasard", a commenté Luz Maria Osorio Cruz, une riveraine de 60 ans, qui a dormi dans la rue pour s'assurer l'entrée sur le site de l'université de la ville où se tiendra la messe.

Des centaines de policiers canalisaient la foule, et des militaires étaient postés aux endroits sensibles, tandis que des fidèles chantaient et jouaient de la musique, près de murs couverts de graffitis à l'effigie du Pape François.

Le pape devait adresser un message contre toutes les formes de violences. Dans cette ville surpeuplée, ancien siège d'une éphémère "Republica de Indios" au XVIe siècle, à 30 km de Mexico, les violences ont augmenté dramatiquement au cours des dernières années. Au point que cette ville détient désormais le record les disparitions et homicides de femmes.

"Avec tout le respect que je lui dois, la visite de ce monsieur ne va rien changer aux maux de ce pays. Corruption, inégalités, pauvreté, violences: Tout le monde sait que cela existe et on n'a pas besoin d'un pape pour nous le dire", a déclaré à l'AFP Luis Alberto Villanueva, un sociologue de 29 ans.

Ecatepec est le premier de plusieurs lieux sensibles qu'a choisi de visiter le pape dans les trois jours à venir: Tuxtla Gutierrez et San Cristobal de Las Casas, deux villes du Chiapas très pauvre et longtemps rebelle, à la frontière guatémaltèque. Suivra la ville de Morelia, où des milices d'autodéfense résistent au pouvoir de barons de la drogue. Et Ciudad Juarez, une région dangereuse, où les migrants sont victimes de violences quand ils cherchent à rejoindre la frontière avec les Etats-Unis. Cette ville détenait le record dans les années 1990 du nombre de meurtres de femmes.

- Hôpital pédiatrique plutôt que monde de la culture -

Dans la soirée, le pape, qui privilégie souvent hôpitaux et centres pour enfants lors de ses déplacements, a préféré une visite dans un hôpital pédiatrique, la clinique "Federico Gomez" à Mexico, à une rencontre avec le monde de la culture mexicaine, a expliqué le Vatican.

Samedi, au premier jour officiel de sa visite dans le deuxième pays le plus catholique au monde, le pape François avait sermonné les dirigeants mexicains et les évêques, leur demandant d'agir pour une "justice réelle" et de lutter contre les "métastases" du trafic de drogue et les "privilèges", "terrain fertile pour la corruption".

Après un voyage éprouvant avec une halte vendredi à La Havane pour rencontrer le patriarche orthodoxe russe Kirill, le souverain pontife, 79 ans, a perdu samedi un court instant l'équilibre et s'est affaissé dans un fauteuil derrière lui en la basilique de Notre-Dame de Guadalupe, patronne des Amériques. Mais il s'est aussitôt relevé.

"Le pape va bien, il est en bonne santé générale", a affirmé son porte-parole, le père Federico Lombardi. "Il y a quelques problèmes de mobilité comme on peut le voir, mais cela ne conditionne pas ses activités", a-t-il ajouté.

Selon lui, la visite au Mexique est d'ores et déjà un succès, avec environ un million de personnes massées samedi le long des avenues de la capitale pour apercevoir le souverain pontife.

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