POLITIQUE
10/02/2016 12:14 EST | Actualisé 10/02/2016 12:14 EST

Anticosti: Couillard maintient que les péquistes sont seuls responsables

Le premier ministre Philippe Couillard a maintenu, mercredi, que les péquistes sont les seuls responsables de l'implication gouvernementale à Anticosti, malgré de nouvelles informations montrant que le cabinet de son prédécesseur Jean Charest était au courant du projet.

M. Couillard a réagi très brièvement à la publication d'un reportage, jeudi, exposant des échanges de courriels entre une agence d'investissement gouvernementale et du personnel de M. Charest, en 2012.

Mercredi, le ministre des Ressources naturelles Pierre Arcand s'est refusé à tout commentaire, après avoir affirmé la semaine dernière que le projet d'Anticosti ne s'était pas rendu au niveau politique.

Le ministre des Transports, Jacques Daoust, s'est contredit, mercredi, relativement aux informations qui circulaient entre le gouvernement et Investissement Québec, dont il a été président-directeur général de 2006 à 2013.

M. Daoust a affirmé qu'il n'était pas anormal qu'il y ait des échanges entre IQ et des représentants politiques, comme l'a rapporté mercredi Le Journal de Québec.

Mardi, M. Daoust avait pourtant affirmé qu'une lettre d'intention, telle que celle qui a été conclue en août 2012 avec des entreprises à Anticosti, n'avait pas à être soumise aux représentants politiques.

"Normalement, à cette étape là où c'est rendu, j'ai vu ce matin dans le journal, Luc Séguin, qui travaillait pour moi, qui était en discussion avec l'entreprise, ce n'est pas anormal, a-t-il dit. Tous les gouvernements ont voulu savoir depuis longtemps s'il y avait du gaz naturel et du pétrole."

M. Couillard a été plus laconique, mercredi, en maintenant que les péquistes étaient seuls responsables de l'implication gouvernementale dans le projet.

"Bien sûr", a-t-il laissé tomber en marchant vers le Salon bleu pour la période des questions.

Le leader parlementaire caquiste François Bonnardel a accusé M. Couillard d'avoir volontairement omis l'implication des libéraux dans le dossier.

"Je vais être poli mais je pense que M. Couillard n'a pas dit la vérité aux Québécois, a-t-il dit. Je pense que M.Couillard était bien au fait de la situation, c'est impossible que M. Couillard n'ait pas été mis au courant."

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a soutenu que les libéraux se sont livrés à une "imposture".

"Preuve à l'appui avec des courriels, bien, c'est le cabinet de M. Charest qui a entamé cette transaction et c'est le gouvernement de Mme Marois qui l'a terminée", a-t-il dit.

M. Péladeau a écorché au passage M. Daoust, dont il a mis les affirmations en doute.

"Je ne sais pas si c'est de l'aveuglement volontaire ou du mensonge pur et simple, a-t-il dit. (...) Il n'arrive pas d'une commission scolaire, là. Il a assumé, pendant de nombreuses années, la présidence d'Investissement Québec, le véhicule, et il prétend qu'il n'était pas au courant. Fumisterie."