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09/02/2016 16:28 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

USA: Trump et Sanders gagnent les primaires du New Hampshire

Portés par la colère d'une partie des électeurs américains, le républicain Donald Trump et le démocrate Bernie Sanders ont remporté mardi les primaires présidentielles du New Hampshire, Hillary Clinton essuyant une première défaite dans une campagne imprévisible.

Donald Trump, le milliardaire de l'immobilier qui depuis sept mois a fait exploser le politiquement correct à coups de déclarations incendiaires, a obtenu 35% des voix républicaines, selon des résultats très partiels des télévisions américaines, portant sur 7% des votes.

La moyenne des sondages lui donnait en moyenne 31,2% des voix.

Bernie Sanders, le sénateur démocrate socialiste qui promet une révolution politique, a obtenu 56% des voix, chez les démocrates, contre 42% pour l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton, selon des résultats partiels portant sur 12% des votes.

Elle était donnée perdante dans le New Hampshire, la moyenne des sondages la plaçant 13,3 points derrière M. Sanders, sénateur de l'Etat voisin du Vermont, mais elle espérait combler l'écart.

"Bernie est le seul à parler de tous les problèmes", expliquait un électeur menuisier, David Emerson. "J'espère vraiment qu'il est en train de créer un mouvement. Je pense à mes petits-enfants", ajoutait-il devant un bureau de vote.

Le tout petit New Hampshire (1,3 million d'habitants) était le deuxième Etat américain à voter, huit jours après l'Iowa, dans le long processus, Etat par Etat, qui va permettre de désigner cet été les deux candidats, démocrate et républicain, à la Maison Blanche.

Mme Clinton ne l'avait emporté que d'un cheveu dans l'Iowa.

M. Trump, qui promet de "redonner à l'Amérique sa grandeur", était arrivé deuxième, en dépit des sondages qui le donnaient en tête. Il lui fallait effacer cette humiliation et montrer dans le New Hampshire mardi qu'il était bien l'homme "qui gagne" comme il le répète à l'envi.

Sa campagne a capitalisé sur la colère des Américains blancs modestes se sentant laissés pour compte. Bernie Sanders, 74 ans, grand pourfendeur de Wall Street, a lui aussi utilisé cette colère, dénonçant les inégalités qui se sont creusées aux Etats-Unis, plaidant pour l'université gratuite et une assurance maladie pour tous.

"Oui beaucoup de gens sont en colère", avait déclaré lundi M. Trump dans l'une de ses dernières réunions électorales. "Il n'y a rien de mal à être en colère. Les gens sont en colère face à la stupidité de notre gouvernement et à la faiblesse totale de nos dirigeants", avait-il ajouté.

"Côté républicain, la deuxième place était très observée. Elle est allée, selon les premiers résultats portant sur 7% des votes à John Kasich, gouverneur modéré de l'Ohio, qui a obtenu 16% des voix. Jeb Bush est 3e à 12%, Ted Cruz 4e à 11%, et Marco Rubio 5e.

En dépit de la neige et du froid, la participation a été très importante. Plusieurs bureaux de vote n'ont pas pu fermer comme prévu à 19H00 (00H00 GMT) en raison de l'affluence.

L'Etat du New Hampshire, est très important, de par sa deuxième place dans le processus des primaires présidentielles américaines: c'est lui qui donne une tendance, contraint souvent les plus faibles à l'abandon, et sauve parfois des campagnes mal parties.

- Majorité silencieuse -

Selon des sondages sortis des urnes réalisés par les grandes chaînes de télévision américaines, près de la moitié des électeurs républicains et un quart des démocrates n'ont pris leur décision que ces derniers jours.

La moitié des républicains ont dit se sentir trahis par leur parti. 48% ont dit préférer un candidat qui ne fasse pas partie de l'establishment et 11% seulement ont pris en compte "l'éligibilité" de leur candidat lors de l'élection présidentielle de novembre.

"Je suis indépendant, mais j'ai voté républicain aujourd'hui. J'ai voté pour Trump. Il parle pour la majorité silencieuse", expliquait à l'AFP Chris Skora, un mécanicien auto, en dénonçant un "politiquement correct" étouffant.

Parmi les soucis principaux des électeurs républicains, l'économie et le terrorisme.

Côté démocrate, 32% ont mis en avant leur désir d'un candidat honnête. Seulement 13% ont pensé à l'éligibilité de leur candidat selon ces sondages sortis des urnes.

Après le vote de mardi, la bataille des primaires est assurée de durer, tant chez les républicains que chez les démocrates.

Les cartes pourraient encore être rebattues, si l'ancien maire de New York Michael Bloomberg décidait, comme il l'a envisagé, de se lancer comme indépendant.

Les regards vont désormais se tourner vers le Nevada et la Caroline du Sud, prochains Etats à voter en février.

bd/elm