NOUVELLES
09/02/2016 06:32 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

USA: le New Hampshire vote pour les primaires, Trump et Sanders favoris

Les électeurs du New Hampshire, deuxième étape du long cycle des primaires présidentielles américaines, bravaient la neige mardi pour désigner le candidat de leur parti, les favoris républicain Donald Trump et démocrate Bernie Sanders cherchant à remporter leur première victoire.

Juste après l'Iowa, il y a une semaine, ce petit Etat du nord-est (1,3 million d'habitants) a historiquement un rôle particulier et disproportionné: c'est lui qui donne la tendance, crée une dynamique, contraint les candidats les plus faibles à l'abandon et sauve parfois des campagnes mal parties.

Au total, 882.959 électeurs sont appelés à voter: 231.376 sont inscrits comme démocrates et choisiront entre Hillary Clinton et Bernie Sanders; 262.111 sont inscrits comme républicains et auront à choisir parmi huit prétendants dont Donald Trump, Marco Rubio et Jeb Bush. Et 389.472 électeurs, soit 44%, ne sont pas affiliés: ces indépendants pourront voter républicain ou démocrate.

Les premiers votes ont commencé dès minuit dans trois hameaux puis les principaux bureaux ont ouvert à 06H00 (11H00 GMT). La plupart fermeront à 19H00 (00H00 GMT mercredi).

Stephen Rasche, un programmeur informatique, était venu défendre sa favorite Hillary Clinton devant la mairie de Canterbury à l'aube. "J'aime les deux candidats (démocrates) mais Bernie Sanders se fera massacrer dans l'élection générale", avance-t-il, avant de partir au travail.

Devant le même bureau, David Emerson brave lui aussi la neige pour faire entendre que "Bernie est le seul à parler de tous les problèmes".

"J'espère vraiment qu'il est en train de créer un mouvement", ajoute cet homme qui explique s'engager pour assurer l'avenir de ses petits-enfants.

Malgré le froid et les précipitations habituels pour la saison, les autorités attendent une participation record dans le New Hampshire où plus de 9.000 nouveaux électeurs se sont inscrits depuis fin décembre, majoritairement démocrates et indépendants.

Les électeurs de l'"Etat de granit", dont la devise est "Vivre libre ou mourir", sont connus pour ne se décider souvent qu'au dernier moment, ce qui a poussé les candidats à faire campagne jusqu'à la dernière minute. Lundi, ils ont enchaîné plus de 35 rencontres et meetings.

- 'J'ai gagné toute ma vie' -

Emmitouflée dans un épais manteau brun, aux côtés de sa fille Chelsea, Hillary Clinton était dès mardi matin devant un bureau de vote pour saluer les électeurs et remercier les bénévoles qui s'activent "jour et nuit" à la défendre.

Depuis décembre, Bernie Sanders, 74 ans, sénateur "démocrate socialiste" de l'Etat voisin du Vermont, est donné favori de tous les sondages, face à l'ancienne secrétaire d'Etat.

Les quatre dernières enquêtes d'opinion lui donnent entre 12 et 26 points de pourcentage d'avance dans le New Hampshire, après l'Iowa où Mme Clinton ne l'a emporté que d'un cheveu.

L'ultra-favorite au plan national n'a au départ pas vu le danger de cet apôtre d'une révolution politique, pourfendeur opiniâtre de Wall Street, qui trouve un formidable écho chez les jeunes auxquels il promet l'université gratuite.

Côté républicain, le milliardaire de l'immobilier Donald Trump est en tête des 75 sondages effectués depuis mai. Les quatre derniers lui donnent entre 11 et 21 points d'avance.

Arrivé deuxième dans l'Iowa, alors que toutes les enquêtes d'opinion le donnaient gagnant, il a pris soin dans le New Hampshire d'être moins excessif qu'à l'accoutumée pour ne pas risquer un deuxième échec.

"Vous savez, j'aime gagner, j'ai gagné toute ma vie, c'est ce que je fais en fait, gagner!", a-t-il toutefois déclaré sur la chaîne MSNBC mardi, reprenant son refrain habituel de vainqueur qui veut "rendre à l'Amérique sa grandeur".

M. Trump devance le télégénique sénateur de Floride Marco Rubio, benjamin de la course à 44 ans, fils d'immigrés cubains, dont la troisième place dans l'Iowa en a fait le nouvel espoir de l'establishment républicain; l'ancien gouverneur de Floride Jeb Bush, fils et frère de présidents, dont la campagne n'a jamais décollé; le sénateur ultra-conservateur du Texas Ted Cruz, gagnant de l'Iowa, et le gouverneur modéré de l'Ohio John Kasich.

Les quatre hommes rêvent au moins d'une deuxième place. Les trois autres républicains sont loin derrière.

Des millions de dollars ont été dépensés en publicités télévisées pour séduire les électeurs, certains candidats se sont copieusement insultés, et tous ont depuis des mois participé à des dizaines de réunions dans des écoles, cafés, épiceries, salles municipales ou universités.

Après le vote de mardi, les regards se tourneront vers le Nevada et la Caroline du Sud, les prochains Etats à voter avec en ligne de mire la présidentielle du 8 novembre.

bd/bdx/faa/sha