NOUVELLES
09/02/2016 05:09 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

Un cadre des talibans afghans décède au Pakistan

Un cadre des talibans afghans est décédé des suites d'un cancer au Pakistan, ont indiqué mardi des sources au sein du mouvement islamiste, ce qui pourrait embarrasser Islamabad qui dément héberger la direction des insurgés sur son sol.

Le mollah Hassan Rahmani, membre du Conseil de direction des talibans, est décédé des suites d'un cancer, selon un communiqué publié sur le site internet des talibans afghans.

Ce quinquagénaire, qui s'était fait connaître en combattant l'occupation soviétique dans les années 1980, y perdant une jambe, était devenu gouverneur de Kandahar (sud) sous le régime des talibans qui ont dirigé le pays entre 1996 et 2001, selon la même source.

Selon deux hauts responsables des talibans, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, il est décédé dans un hôpital de Quetta, capitale de la province instable du Baloutchistan, dans le sud-ouest du Pakistan.

Cette ville est considérée de longue date comme la base du Conseil de direction des talibans afghans, aussi appelé "choura de Quetta", depuis que ces derniers ont fui l'invasion menée par les Américains en 2001.

Le Pakistan, l'un des trois seuls pays à avoir reconnu le régime des talibans en son temps, dément l'existence de ce Conseil de direction sur son sol.

Selon l'expert en sécurité Talat Masood, général pakistanais à la retraite, la présence des talibans afghans sur le sol pakistanais "est un secret de polichinelle et elle semble être confirmée et reconfirmée".

L'annonce de ce décès d'un cadre taliban au Pakistan intervient alors qu'Islamabad tente de faire revenir les insurgés à la table des négociations avec Kaboul, en dépit de la violente campagne hivernale des talibans qui multiplient attentats et offensives.

Chinois, Américains, Afghans et Pakistanais ont déclaré "s'attendre" à ce que les pourparlers de paix directs entre Kaboul et les rebelles talibans reprennent d'ici la fin du mois, à l'issue d'une réunion quadripartite à Islamabad samedi.

Une première session de dialogue direct avait tourné court l'été dernier après l'annonce de la mort du leader historique des talibans, le mollah Omar, qui avait entraîné de graves dissensions au sein du mouvement.

Mais sa disparition ne devrait pas avoir d'impact majeur sur les luttes d'influences au sein du mouvement taliban, ni sur les efforts de paix en cours.

bur-cnp/gde/ib