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09/02/2016 04:07 EST | Actualisé 10/02/2016 10:45 EST

Les chauffeurs de taxi manifestent contre Uber à l'aéroport Montréal-Trudeau (VIDÉO)

Plusieurs dizaines de propriétaires et de chauffeurs de taxi de Montréal sont sur le point d'arriver à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal pour protester contre le transporteur illégal Uber et dénoncer le laxisme dont fait preuve Québec à son endroit. Ils entendent faire un « blocus » visant les chauffeurs d'Uber. Ils ont l'appui du maire de Montréal, Denis Coderre.

À l'aéroport, la circulation demeurait somme toute fluide vers 9 h, exception faite de la sortie pour l'avenue Cardinal, bloquée par des chauffeurs de taxi. De nombreux policiers dépêchés en renfort et des membres du service de sécurité de l'aéroport sont cependant aux aguets dans des points stratégiques et semblent prêts à intervenir au besoin.

« On a trop patienté. On est trop civilisés jusqu'à date. Il n'y a rien qui s'est passé de notre part. Toujours on a eu des manifestations pacifiques. Là, c'est assez. »

— Driss Bouamira, président Taxi Coop Montréal

Pour suivre notre couverture des manifestations des chauffeurs de taxi sur votre mobile, cliquez ici.

Selon le porte-parole du Syndicat des Métallos, Benoît Jugand, les quelque 800 chauffeurs de taxi qui participent au mouvement veulent braquer les projecteurs sur les agissements d'Aéroports de Montréal.

« ADM vend un contrat aux chauffeurs et aux propriétaires de taxi de l'ordre de 2,5 millions de dollars. On leur garantit une clientèle à la sortie. Mais par l'inaciton d'ADM, on force les chauffeurs à perdre des revenus et on admet les transporteurs illégaux », a-t-il dit lors d'une brève conférence de presse mercredi matin.

Le Syndicat des métallos, qui représente bon nombre de chauffeurs de taxi, veut qu'Uber cesse ses activités pour toute la durée de la commission parlementaire sur l'industrie du taxi qui a été annoncée la semaine dernière. Il se dit prêt à cesser ses moyens de pression si Québec agit en ce sens.

« On espère que le premier ministre Couillard va nous entendre et qu'il saura demander à Uber de cesser ses opérations sur le territoire du Québec, le temps que la commission siège. »

— Benoît Jugand, porte-parole du Syndicat des Métallos

Pendant ce temps, Uber indique aux clients qui utilisent son application que ses tarifs sont majorés, puisque « la demande est très forte ».

Coderre appuie les demandes de l'industrie

Lors de la réunion du comité de la Ville de Montréal, le maire Denis Coderre a offert son appui à l'industrie du taxi en demandant à Uber de cesser ses activités pour la durée de la commission parlementaire.

« Moi., ce que je demande au gouvernement ce matin, c'est une trêve. Je pense qu'on est rendu là. Ça prend une trêve pendant les travaux de la commission parlementaire, et du côté de l'industrie du taxi, et que pendant toute cette période là, Uber X cesse ses activités », a-t-il souligné.

« Qu'on fasse une trêve. On ne veut pas de dérapage. On ne veut pas que le pire puisse arriver. C'est très émotif. Je pense qu'on peut, de façon très sereine, discuter. [...] On a besoin d'une pause pour que tout le monde puisse s'asseoir. »

— Denis Coderre, maire de Montréal

Mardi, le nouveau ministre des Transports, Jacques Daoust, a demandé à Uber de cesser ses activités illégales, mais il a admis du même souffle qu'il ne peut interdire l'application en tant que telle, parce qu'elle est légale. Pour faire valoir que son gouvernement n'a pas été inactif dans ce dossier, il a souligné que plus de 1000 véhicules ont été saisis.

Face à cette réponse jugée « décevante », le Syndicat des Métallos dit avoir ressenti l'obligation d'agir. Pas question toutefois de demander aux chauffeurs et aux propriétaires de taxis de commettre des actes illégaux, a cependant fait savoir M. Jugand. L'idée est plutôt d'identifier les conducteurs d'Uber et de transmettre cette information aux autorités.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a prévenu mardi que l'encerclement d'un véhicule peut constituer une séquestration, un méfait ou une intimidation, que la saisie d'un véhicule ou d'un cellulaire est un vol et que le blocage d'un accès routier peut aussi mener à des accusations criminelles.

Avant que les chauffeurs de taxi ne précisent leurs intentions mercredi matin, le porte-parole d'Uber, Jean Christophe de Le Rue, avait affirmé que « les Québécois méritent des courses sécuritaires, fiables et abordables dans leurs villes. » Selon lui, « le taxi et le covoiturage urbain peuvent se compléter afin de mieux répondre aux besoins des usagers et des partenaires-chauffeurs de la province ».

« Pendant que les chauffeurs de taxi manifesteront, les partenaires-chauffeurs UberX seront sur la route afin de servir les Québécois. Nous serions heureux de dialoguer avec l'industrie du taxi pour trouver des solutions sensées qui mettent les intérêts des consommateurs en premier », a ajouté M. de Le Rue.

La semaine dernière, Uber Canada avait salué l'initiative du ministre des Transports de créer une commission parlementaire visant des « solutions réglementaires concrètes ».

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Galerie photo Manifestation de taxis contre Uber (9 février 2016) Voyez les images

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