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09/02/2016 07:02 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

Plus d'un million de Syriens vivent assiégés, selon deux ONG

Plus d'un million de Syriens vivent dans une cinquantaine de localités assiégées, principalement par le régime de Damas et ses alliés, ont affirmé mardi deux ONG, jugeant que la "crise des sièges" est "bien plus grave" que ne l'estime l'ONU.

Les nouvelles données "montrent qu'il y a plus d'un million de Syriens qui vivent assiégés dans plusieurs endroits à Damas et dans sa région, ainsi qu'à Homs, Deir Ezzor et dans la province d'Idleb", ont affirmé les deux ONG dans un rapport.

1.099.475 personnes habitent ainsi, avec "un risque accru de décès" à cause du manque de nourriture, d'électricité et d'eau courante, dans 46 localités encerclées, selon le rapport.

Ces données ont été collectées par un "large réseau de contacts dans les localités assiégées" travaillant pour le projet "Siege Watch", mis en place par les ONG néerlandaise PAX et américaine The Syria Institute.

Les Nations unies font quant à elles état de près d'un demi-million de personnes vivant dans de telles conditions.

Ainsi, écrivent les auteurs du rapport, la localité de Moadamiya, une banlieue de Damas, a été retirée de la liste de l'ONU "bien que des dizaines de milliers de civils y restent assiégés".

La manière de travailler de l'ONU "pourrait valider et encourager par mégarde l'expansion de la stratégie +famine ou capitulation+ du gouvernement", ont-ils averti.

Sur les 46 localités concernées, seules deux sont uniquement assiégées par des groupes armés de l'opposition, celles de Foua et de Kafraya dans la province d'Idleb (nord-ouest), assurent les deux ONG dans leur rapport.

Une troisième localité est encerclée à la fois par les forces gouvernementales et les rebelles.

Le groupe Etat islamique (EI) assiège pour sa part trois localités, selon les mêmes sources : Al-Qadam, Yelda, et un groupement de quartiers de la ville de Deir Ezzor.

Alep ne figure en revanche pas sur cette liste. Les troupes du régime, soutenues par la Russie, l'Iran et le Hezbollah libanais, sont parvenues à quasiment encercler cette ville partiellement aux mains des rebelles.

Les négociations de Genève entre le régime et l'opposition dite "modérée" ont été ajournées début février après six jours d'attentes et de tractations non concluantes. L'opposition avait réclamé l'arrêt des bombardements russes et la levée du siège d'une quinzaine de cités.

On trouve également sur cette liste Madaya, où 46 personnes sont mortes de faim depuis début décembre, et Zabadani, où des cas de famine ont été signalés, provoquant une mobilisation internationale.

La guerre en Syrie a fait plus de 260.000 morts depuis mars 2011.

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