NOUVELLES
09/02/2016 11:14 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

Nigeria: la police secrète annonce l'arrestation d'un "recruteur de l'EI"

Les services secrets nigérians ont annoncé mardi l'arrestation d'un "recruteur du groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie" et de sept membres présumés du groupe Ansaru, faction dissidente du groupe islamiste nigérian Boko Haram.

Cette annonce survient près d'un an après le serment d'allégeance du chef du groupe islamiste Boko Haram, Abubakar Shekau, au chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi. Depuis, de nombreuses spéculations ont circulé sur de possibles rapprochements entre les deux groupes, notamment en Libye et dans la région du Sahel.

Le département nigérian des services d'Etat (DSS) a annoncé dans un communiqué que le "recruteur de l'EI", Abdussalam Enesi Yunusa, dont la nationalité n'a pas été dévoilée, était détenu à Kano, la grande ville du nord musulman nigérian depuis le 17 janvier.

Il a été arrêté après la découverte par les services secrets de ses "antécédents terroristes et son intention d'endoctriner et de recruter des jeunes crédules dans le pays", ajoute le communiqué.

Selon le DSS, Yunusa est un "recruteur de l'Etat Islamique en Irak et en Syrie" et il s'apprêtait à partir en Libye pour y rejoindre "un camps d'entraînement terroriste de l'EI" avec trois autres personnes.

Deux Nigérians sont déjà en train de s'entraîner en Libye, a précisé la police secrète. Le chaos dans lequel est plongé le pays depuis la chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 a favorisé la montée en puissance de l'EI qui a implanté sa base dans la ville portuaire de Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli.

Au moins deux autres hommes, dont l'un est Nigérien, agissaient comme "agents de l'EI au Nigeria et en Afrique de l'Ouest". Quatre autres hommes ont été arrêtés à Kano le 22 janvier "alors qu'ils migraient vers la Libye avec leur famille, dont des bébés, avec l'intention de rejoindre l'EI", poursuit le DSS.

Deux étudiants, arrêtés une semaine plus tard à Kano, sont suspectés d'avoir planifié des "attaques en +loup solitaire+ coordonnées" contre des lieux très fréquentés par la population civile au Nigeria, selon le communiqué.

Il y a déjà eu des spéculations quant à des connexions entre les combattants de l'EI en Libye et Boko Haram ainsi qu'avec d'autres groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda, au Mali et en Afrique du Nord.

Mais il existe peu de preuves de la présence de combattants étrangers auprès des islamistes de Boko Haram, dont l'insurrection a fait au moins 17.000 morts au Nigeria depuis 2009.

Le président Muhammadu Buhari a déclaré au Daily Telegraph, jeudi dernier, qu'il avait pris connaissance d'informations sur la présence de Nigérians à Syrte (Libye), et en Syrie.

"Je ne sais pas de quel côté ils se battent, mais ils pourraient combattre aux côtés de l'EI en Libye. Combien sont-ils, je n'en ai aucune idée", a déclaré le président nigérian, selon le quotidien britannique.

Dans un discours prononcé le 3 février devant le Parlement européen, M. Buhari a déclaré que la Libye était "une bombe stratégique à retardement" à cause du trafic d'armes qui profitaient notamment à Boko Haram.

Le DSS dit également avoir arrêté sept membres présumés d'Ansaru à Katsina (nord), le 17 janvier.

"Ce groupe, selon le communiqué, a été découvert alors qu'il était dans une phase active, et ses membres étaient déjà en train de se coordonner pour mener des attaques dans les Etats de Katsina et de Kano".

bur-phz/cdc/sba