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09/02/2016 02:49 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

La mairie de Moscou fait raser en une nuit des dizaines d'échoppes près des métros

La mairie de Moscou a fait détruire dans la nuit à coups de pelleteuses une centaine de kiosques et commerces qu'elle considère désormais comme "illégaux", provoquant la stupeur des Moscovites et laissant près de 15.000 personnes sans emploi selon les associations.

A l'aide de pelleteuses, les équipes de la mairie de Moscou ont réduit en tas de gravats ces "pavillons", des bâtiments abritant sur un ou deux niveaux échoppes, petits supermarchés, fleuristes ou encore restaurants. Souvent ouverts nuit et jour, ils étaient très prisés des Moscovites en raison de leur emplacement, à l'entrée des bouches de métro.

"La façon dont cela a été fait est très primitive: une centaine de commerces rasés en une nuit et environ 15.000 personnes laissées sur le carreau", a dénoncé auprès de l'AFP la députée municipale Olga Kossets, présidente de l'association "Hommes d'affaires" qui se consacre à la protection des petites et moyennes entreprises moscovites.

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine s'est félicité, sur le réseau social Vkontakte, de la destruction de ces "sites construits pour la plupart dans les années 90, avec la complaisance des fonctionnaires" de la mairie et qu'il qualifie de "dangereux pour les Moscovites".

Au total, 97 commerces ont été détruits, selon la mairie qui avait annoncé le 8 décembre vouloir détruire les "constructions non autorisées sur le territoire de Moscou". Ces destructions ont pu choquer certains Moscovites, les autorités n'attendant pas toujours que les magasins soient vidés pour les raser.

"Ces pavillons ont été construits avec l'accord de la mairie, sur des terrains lui appartenant", rappelle Mme Kossets. "Cependant, il a toujours été clair que les actes de propriétés étaient temporaires et que la mairie pouvait détruire ces pavillons si elle jugeait qu'ils gênaient le paysage urbain", tempère-t-elle.

Selon l'association "La Russie des Affaires", certains propriétaires, qui possèdent "tous les documents nécessaires" pour prouver leurs droits vont porter plainte contre la mairie et exiger des dommages et intérêts.

Depuis son arrivée à la mairie en 2010, Sergueï Sobianine n'a eu de cesse d'estomper le côté populaire de la capitale, en réduisant à son minimum le nombre de marchés de rue et de petits commerces.

Pendant l'été, les autorités ont mené de lourds travaux de rénovation dans les passages piétons souterrains de Moscou, où dans les années 1990, avec la libéralisation de l'économie, près de 22.000 points de vente sauvage avaient essaimé. Il n'en reste plus que 459, selon Gormost, service de la voirie de Moscou.

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