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09/02/2016 00:50 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

La correspondante d'un journal norvégien indésirable en Turquie

Le journal norvégien Aftenposten a annoncé mardi que sa nouvelle correspondante à Istanbul s'était vu refuser une accréditation en Turquie, une décision non motivée mais que le quotidien attribue aux origines kurdes du fiancé de sa journaliste.

"Nous avons des correspondants dans des pays comme la Russie et la Chine et nous y travaillons sans problème majeur alors que là, on nous refuse le droit d'être présent en Turquie, un pays de l'Otan", s'est indigné le rédacteur en chef d'Aftenposten Espen Egil Hansen dans les pages du quotidien.

"C'est totalement inacceptable et le fait que l'on soit de proches alliés militaires d'un pays qui, dans ce domaine aussi, affiche son mépris pour la liberté fondamentale de la presse donne matière à réflexion", a-t-il ajouté.

L'ambassade de Turquie à Oslo n'a pu être jointe par l'AFP pour un commentaire. Son numéro deux, Ülkü Kocaefe, a déclaré, selon Aftenposten, que "chaque cas était examiné selon ses propres critères" et que "les autorités turques ne s'expriment pas sur les raisons pour lesquelles quelqu'un ne reçoit pas une accréditation de presse".

Toujours selon le quotidien, le refus semble lié aux origines du fiancé de la journaliste Silje Kampesaeter qui s'était installé avec elle à Istanbul quand elle a ouvert un bureau en septembre. De nationalité allemande, il est né de parents qui ont quitté les régions kurdes de Turquie pour l'Allemagne dans les années 1970.

La correspondante a depuis déménagé à Amman en Jordanie.

Cité par Aftenposten, le chef de la diplomatie norvégienne Børge Brende dit avoir fait part de sa "nette déception" auprès de son homologue turc.

Au pouvoir en Turquie depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan, d'abord Premier ministre puis président, fait l'objet de critiques pour la dérive autoritaire du pays.

Le gouvernement turc est régulièrement épinglé par les ONG de défense de la liberté de la presse, qui lui reprochent ses pressions de plus en plus importantes contre les médias et l'accusent de vouloir faire taire toute voix critique.

Dans le classement 2015 de la liberté de la presse dans le monde établi par Reportes sans frontières (RSF), la Turquie arrive à la 149e place sur 180 derrière l'Afghanistan et le Zimbabwe notamment.

phy/gab/alc