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09/02/2016 05:27 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

L'ONU exhorte la Turquie à accueillir les Syriens fuyant Alep

L'ONU a appelé mardi la Turquie à ouvrir sa frontière aux dizaines de milliers de Syriens qui se massent dans des camps saturés après avoir fui la vaste offensive menée par le régime contre les rebelles dans la province d'Alep.

"Nous demandons à la Turquie d'ouvrir sa frontière à tous les civils de Syrie qui fuient le danger et sont en quête d'une protection", a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, William Spindler.

"Nous comprenons que la Turquie accueille déjà 2,5 millions de réfugiés syriens et assume un énorme fardeau, et nous avons demandé à la communauté internationale d'aider la Turquie", a-t-il poursuivi.

Malgré les appels de la communauté internationale, Ankara maintient fermé depuis plusieurs jours le poste-frontière d'Oncupinar, le seul point de passage accessible entre le nord de la province d'Alep et le sud de la Turquie.

Les déplacés se retrouvent donc "coincés. Ils ont abandonné maison et possessions, et ne peuvent entrer en Turquie", a déploré Ahmad al-Mohammad, de Médecins sans frontières (MSF).

L'ONU évalue à 31.000 le nombre de personnes, dont 80% de femmes et d'enfants, ayant fui la ville d'Alep et sa région ces derniers jours.

Les camps qui les accueillent sont désormais pleins et "il n'y a plus suffisamment de places d'hébergement pour accueillir toutes les familles", a précisé le responsable de MSF. A Azaz, une ville à 5 km de la frontière, des familles entières sont ainsi contraintes de dormir à la belle étoile ou de se serrer à 20 dans des tentes conçues pour sept personnes, selon lui.

- 'Profonde inquiétude' -

La Turquie ouvre toutefois le poste-frontière d'Oncupinar au passage des blessés, des malades et des convois d'aide qui transitent par son territoire, comme ceux du Programme alimentaire mondial (PAM) chargés de riz, lentilles, huile ou farine.

"La plupart des familles sont parties en emportant seulement les vêtements qu'ils portaient", selon le responsable de MSF, qui souligne que des problèmes de santé, notamment la diarrhée, faisaient leur apparition à cause du froid et de la promiscuité.

De nouveau en première ligne, la Turquie redoute un nouvel afflux de réfugiés pouvant atteindre 600.000 personnes. Son objectif est donc "pour l'instant de maintenir autant que possible cette vague de migrants au-delà des frontières de la Turquie, et de leur fournir à cet endroit les services nécessaires", a précisé lundi soir le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus.

La perspective d'une nouvelle vague de réfugiés inquiète aussi les pays européens, ébranlés par la crise des migrants.

Une possible implication de l'Otan dans le contrôle des côtes turques sera étudiée "très sérieusement" par les ministres de la Défense qui se réunissent mercredi et jeudi à Bruxelles, a indiqué le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter tentera à cette occasion de muscler la coalition contre le groupe Etat islamique (EI), après avoir regretté les moyens insuffisants engagés par les pays partenaires.

- Les rebelles décrochent -

L'EI, qui contrôle une partie du territoire syrien, a frappé mardi en plein coeur de Damas en faisant exploser une voiture piégée devant un club de la police. Neuf personnes ont été tuées et une vingtaine blessées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Sur le terrain militaire, la situation devient de plus en plus difficile pour les groupes rebelles, qui reculent dans plusieurs régions.

En particulier dans la province d'Alep, où l'armée ne se trouve plus qu'à une vingtaine de kilomètres de la frontière turque et se rapproche de Tall Rifaat, un des trois derniers fiefs tenus par les rebelles qui, moins bien armés, décrochent de certaines positions pour minimiser leurs pertes.

La stratégie du régime "est de fermer la frontière turque pour priver les rebelles du soutien logistique", souligne le géographe Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie.

Parallèlement, les forces du régime consolident leurs positions au nord de la ville d'Alep, dont les quartiers Est tenus par les insurgés sont aujourd'hui quasiment assiégés.

"La situation est très mauvaise (...) La ville a été totalement détruite par les bombardements russes", a témoigné Mohamed, un membre de l'Armée syrienne libre qui a traversé mardi, blessé aux bras et aux jambes, la frontière turque.

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