POLITIQUE
09/02/2016 05:06 EST | Actualisé 09/02/2016 05:06 EST

Réforme de l'aide sociale: François Blais invité à se baser sur la science

Les opposants au projet de loi 70 interpellent le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, François Blais, en faisait référence à son passé de chercheur en politiques sociales.

Le collectif pour un Québec sans pauvreté, Québec solidaire et le Parti québécois ont exhorté François Blais à se baser sur des études scientifiques afin qu'il propose une refonte de la réforme de l'aide sociale proposée par Sam Hamad en novembre dernier.

Lors d'un point de presse en marge de la reprise des consultations publiques en commission parlementaire sur le projet de loi 70, ce matin à Québec, M. Jean-Yves Desgagné, directeur du module de travail social de l'Université du Québec à Rimouski, s'est adressé à François Blais comme à un collègue universitaire.

En tant que diplômé en service social et ancien doyen de la faculté des sciences sociales de l'Université Laval, M. Blais a été invité à se baser sur les chiffres et à justifier les mesures punitives prévues par le projet de loi à l'aide d'« études sérieuses ».

« Quand on regarde l'évolution des prestataires à l'aide sociale, ce qu'on sait, c'est qu'au cours des 20 dernières années, le nombre de ménages sur l'aide sociale a diminué de 50 %. J'invite le ministre Blais à élever le débat, à fonder ses décisions et les solutions pour aider les jeunes sur des bases scientifiques et des études sérieuses. »

— Jean-Yves Desgagné, directeur du module de travail social de l'UQAR

M. Desgagné estime que les arguments utilisés pour justifier le projet de loi 70 et son « approche punitive » sont fondés sur des préjugés, et demande à savoir pourquoi le programme Alternative jeunesse, qui venait en aide aux jeunes cherchant à acquérir une autonomie professionnelle, a été coupé en 2014. « L'approche punitive n'est pas la solution, le programme Alternative jeunesse a démontré qu'il est possible d'avoir une approche volontaire », avance-t-il.

Une consultation générale exigée

Au même point de presse, la porte-parole parlementaire de Québec solidaire Françoise David, ainsi que Dave Turcotte, porte-parole du Parti québécois en matière d'emploi et de lutte contre la pauvreté, ont appuyé les demandes du collectif pour un Québec sans pauvreté, afin que le ministre Blais reformule le projet de loi 70. Ils ont également reproché au gouvernement de ne pas écouter la population, en tenant des consultations où un nombre restreint d'intervenants, « triés sur le volet », pouvaient être entendus.

« Je pense au syndicat de la fonction publique, qui réunit les agentes et agents de l'aide sociale et des centres locaux d'emploi, qui n'a pas été entendu, qui s'est vu refuser le droit de venir s'exprimer, et pourtant, voilà des gens qui connaissent la machine de l'intérieur. »

— Françoise David, porte-parole parlementaire de Québec solidaire

Peu après sa nomination lors du dernier remaniement ministériel, le ministre Blais a souligné qu'il considérait « extrêmement important de consulter » la population touchée, et qu'il entendait le faire au cours des prochaines semaines.

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