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09/02/2016 07:05 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

Chypre: le coût d'un accord de paix compensé par ses retombées économiques (ONU)

Le coût d'un accord pour réunifier l'île méditerranénne de Chypre, divisée depuis 1974, sera compensé à long terme par les bénéfices en terme d'emplois et de retombées économiques, a estimé l'ONU mardi.

"Une île réunifiée, en paix avec elle-même et avec ses voisins, permettra de créer davantage d'emplois et de prospérité. Une solution s'autofinancera", a déclaré à des journalistes l'émissaire de l'ONU pour Chypre, Espen Barth Eide.

Le coût exact d'une réunification n'a pas été chiffré par l'ONU.

"Il y a encore des points en suspens, notamment sur la question des propriétés (spoliées), et les experts ne peuvent pas donner d'estimation du coût total de la solution sans ces éléments", a souligné M. Eide.

Des économistes ont estimé que la mise en oeuvre de la réunification pourrait coûter 25 milliards d'euros. Cette somme servirait notamment à compenser les Chypriotes grecs et turcs spoliés de leurs biens lors de la partition de l'île mais aussi des travaux de reconstruction de sites détruits ou laissés à l'abandon.

Le coût d'un accord pourra être financé au départ par des donations publiques de pays tiers, par des investissements du secteur privé ainsi que par divers instruments financiers, a jugé M. Eide.

"A Chypre, vous parlez du coût d'une solution comme si vous alliez perdre de l'argent. Mais, en réalité, toutes les études économiques montrent qu'une solution créera plus de richesse à terme que l'absence de solution", a-t-il insisté.

Chypre est divisée depuis l'invasion en 1974 de sa partie nord par la Turquie, en réaction à un coup d'Etat nationaliste qui visait à rattacher l'île à la Grèce et qui avait suscité l'inquiétude de la communauté chypriote turcophone.

Des dizaines de milliers de Chypriotes ont été déplacés par le conflit, avec notamment un transfert de populations entre le sud de l'île devenu hellénophone et le nord devenu turcophone. La partie nord de l'île n'est reconnue que par la Turquie.

Après de nombreux échecs, les espoirs de parvenir à un accord de paix ont grandi depuis que le président de Chypre Nicos Anastasiades et son homologue de l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN) Mustafa Akinci ont repris en mai 2015 des négociations sous l'égide de l'ONU. Ils ont récemment fait part de leur espoir de parvenir en 2016 à un accord de réunification.

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