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09/02/2016 02:30 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

Bourses : Tokyo chute lourdement, les marchés européens tentent de résister

Les inquiétudes sur la croissance mondiale et le secteur bancaire ont de nouveau secoué mardi les Bourses, notamment celle de Tokyo qui a chuté de 5,40%, les places européennes tentant de limiter les dégâts dans une ambiance de déprime générale.

Après un sursaut aussi limité qu'éphémère à l'ouverture pour les principales Bourses européennes, la morosité a vite repris ses droits et la plupart perdaient du terrain.

Vers 10H30 GMT, Paris perdait 0,41%, Francfort 0,21%, Madrid 0,14% et Milan 0,72%, tandis que Londres prenait en revanche 0,32%.

Le net recul de Wall Street, tout comme la dégringolade mardi de la Bourse de Tokyo de 5,40% à la clôture n'aidaient pas non plus les places européennes à retrouver leur sang froid.

Les investisseurs nippons ont cherché refuge dans le yen, en nette hausse, l'or profitant lui aussi de la quête générale de sécurité.

"Si les investisseurs espéraient une semaine calme", notamment en raison de la fermeture des marchés chinois pour les célébrations du Nouvel An, "le réveil a été très brutal", remarque Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

De multiples facteurs dépriment les marchés: faiblesse persistante des prix du pétrole, indicateurs économiques moroses et désormais chute des valeurs bancaires.

Les craintes se sont concentrées ces derniers jours sur les banques alors que depuis le début de l'année le marché ne regardait quasi exclusivement que les prix du pétrole.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a néanmoins battu en brèche mardi les espoirs d'une remontée des prix du pétrole à court terme, confirmant que le monde devrait rester submergé d'or noir face à une demande fragile.

Au-delà du pétrole, "le stress sur le secteur bancaire prend de plus en plus d'ampleur et le risque de propagation est bien présent", prévient John Plassard, chez Mirabaud Securities.

Certaines valeurs bancaires souffraient mardi matin, comme Intesa Sanpaolo (-4,10%) et Unicredit (-6,12%) à Milan, ou la Société Générale (-2,12%) à Paris.

- Coordination du G20 -

Le secteur "fait face à de nombreux problèmes" dont une baisse des profits, une économie mondiale qui ralentit et des taux négatifs à travers la planète, réduisant de ce fait leur capacité à améliorer leur rentabilité au moment où la réglementation leur demande de renforcer leurs fonds propres, détaille M. Hewson.

Deutsche Bank, première banque allemande laminée en Bourse ces dernières semaines, s'est d'ailleurs vue dans l'obligation de publier un communiqué destiné à rassurer les investisseurs sur sa capacité à payer ses dettes.

De même, Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a tenté d'éteindre le feu en soulignant que les incertitudes qui menacent l'économie mondiale ne viennent pas de la zone euro.

Il a souhaité une coordination des pays du G20, qui se réunissent à la fin du mois à Shanghai, "face à la dépréciation quasi généralisée des devises émergentes pour limiter tout risque de contagion au sein de l'économie mondiale", rappellent les stratégistes de Crédit Mutuel-CIC.

La BCE devrait probablement agir en mars mais c'est la Réserve fédérale américaine (Fed) qui concentre pour l'heure l'attention, alors que sa présidente Janet Yellen doit s'exprimer devant le Congrès américain mercredi et jeudi.

Le marché était jusqu'à présent convaincu que la Fed allait être très patiente avant de remonter à nouveau ses taux mais le dernier rapport sur l'emploi américain a comporté quelques bonnes nouvelles qui entretiennent la confusion sur l'avenir de la politique monétaire.

jbo/abx/boc/phv

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