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09/02/2016 02:22 EST | Actualisé 09/02/2017 00:12 EST

A Berlin, Varoufakis lance un mouvement pour réformer l'Europe

L'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a fait son retour sur le devant de la scène en lançant mardi un mouvement politique pour tenter de sauver une Europe menacée, selon lui, de désintégration sur fond de crise des réfugiés.

Sept mois après avoir démissionné avec fracas du gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, l'iconoclaste économiste, chantre anti-austérité, a présenté à Berlin DIEM 25 (pour Democracy in Europe - Movement - 2025), un mouvement paneuropéen qui veut agir pour plus de démocratie et de transparence dans l'Europe en crise.

Dressant le portrait d'une Europe qui se fourvoie, M. Varoufakis a fustigé "l'échec spectaculaire (des 28 pays membres de l'UE) à gérer la crise des réfugiés (...) à l'exception possible d'Angela Merkel", la chancelière allemande avec qui il a pourtant croisé le fer l'an dernier lors de son bref passage aux commandes des finances grecques.

La solution à l'arrivée sur le Vieux Continent de centaines de milliers de personnes jetées sur les routes de l'exode par les guerres et la misère "n'est pas de construire des murs" car "ces barbelés et ces murs reflètent l'insécurité et ne font que répandre de l'insécurité" selon lui.

"La désintégration de l'Union européenne va susciter un effondrement qui va ressembler de manière terrible à ce qui s'est passé dans les années 30" avec l'arrivée des nazis au pouvoir, a-t-il pronostiqué lors d'une conférence de presse sur l'une des scènes théâtrales les plus connues d'Allemagne, la Volksbühne.

Au delà de la crise des réfugiés qui fait tanguer une Europe divisée et désunie, le mouvement de M. Varoufakis a pour objectif d'en finir avec "un processus de décision politique opaque" dont "l'objectif est d'empêcher les Européens d'exercer un contrôle démocratique sur leur argent, leur finance, leurs conditions de travail et l'environnement", selon le manifeste fondateur.

"Ouvert à tous les démocrates" en Europe, DIEM 25 a pour le moment bénéficié d'un soutien modéré de la gauche européenne. L'ancien ministre français, Arnaud Montebourg, pourtant annoncé par M. Varoufakis, n'a pas fait le déplacement à Berlin.

Interrogé par l'AFP lundi, le Français n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

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