POLITIQUE
08/02/2016 05:43 EST | Actualisé 08/02/2016 05:46 EST

Nouvelle mission contre l'État islamique : les libéraux évitent de «se salir les mains», selon les conservateurs

OTTAWA – Le gouvernement Trudeau fait preuve d’hypocrisie en laissant les troupes locales combattre l’État islamique à leur place, critique l’opposition officielle à Ottawa.

« On va laisser les autres faire la job et on va aller en troisième ligne, où il n’y a pas trop de danger. On va faire de la diplomatie, mais je ne sais pas trop avec qui on va la faire », a ironisé Pierre Paul-Hus, porte-parole conservateur en matière de défense.

Les libéraux ont annoncé, lundi, les détails de la nouvelle mission canadienne en Irak et en Syrie. Si le Canada cessera ses frappes aériennes d’ici deux semaines, il promet de se consacrer à l’aide humanitaire et à la formation sur le terrain.

justin trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau et les ministres Sajjan, Bibeau et Dion ont annoncé les détails de la nouvelle politique du Canada en Irak et en Syrie (Photo : La Presse Canadienne)

Le pays va également fournir des armes de petit calibre et des munitions aux forces irakiennes. Pierre Paul-Hus pense que le gouvernement évite de « se salir les mains » de cette manière.

"On ne veut pas avoir les mains tachées de sang." - Pierre Paul-Hus

« Nous, on va donner des fusils et des munitions aux Irakiens et on va dire : "Allez vous battre!" C’est très hypocrite. On est là, mais on ne veut pas se salir les mains. On ne veut pas avoir les mains tachées de sang. »

La chef intérimaire de l’opposition, Rona Ambrose, a renchéri en disant que cette nouvelle mission est un « pas en arrière pour le Canada » en tant que défenseur des droits de la personne et de la sécurité internationale.

Elle dit que la situation a changé depuis la campagne électorale, avec les récents attentats qui ont causé la mort de six Québécois le mois dernier et les attaques de Paris en novembre.

« Les annonces d’aujourd’hui sur la formation et l’aide humanitaire ne visent qu’à détourner l’attention des Canadiens du retrait de nos CF-18. La seule raison expliquant cette décision est qu’elle a été prise à des fins politiques », déplore-t-elle.

Pierre Paul-Hus précise que son parti n’est pas contre la bonification de l’aide humanitaire et la formation dans la région. Mais il pense que cette mission n’en est plus une de « combat ».

Le chef d’état-major de la Défense, Jonathan Vance, a reconnu que le Canada n’était plus l’un des principaux combattants au sol, mais a maintenu que le pays jouait un rôle important dans la coalition élargie contre l’État islamique.

« Peu importe le premier ministre qui est au pouvoir, le général Vance va répondre à son gouvernement et il va faire ce que son gouvernement lui demande. C’est comme ça qu’un militaire doit agir. On écoute les ordres », indique Pierre Paul-Hus.

Le NPD, quant à lui, croit que le Canada devrait s’employer à couper les vivres de l’État islamique – y compris son approvisionnement en armes, son financement et son recrutement – sans s’engager dans un rôle de combat.

« Nous sommes préoccupés que les libéraux aient choisi d’ancrer plus profondément les Forces canadiennes en Irak dans une mission de combat militaire sans durée prédéterminée », regrette Hélène Laverdière, porte-parole en matière d’affaires étrangères.

À son avis, cette mission doit faire l’objet d’un débat de fond et d’un vote à la Chambre des communes à Ottawa.

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