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08/02/2016 06:49 EST | Actualisé 08/02/2017 00:12 EST

Les rebelles "pris en tenaille" dans le nord de la Syrie

Les rebelles syriens de la province d'Alep sont désormais "pris en tenaille" par l'armée du régime, les forces kurdes mais aussi le groupe Etat islamique (EI), qui cherchent tous à étendre leur influence dans cette région frontalière de la Turquie.

Une semaine après le début de leur offensive appuyée par les frappes aériennes russes, les troupes de Bachar al-Assad ont repris aux insurgés une série de localités de la province septentrionale et se trouvent désormais à une vingtaine de kilomètres de la frontière turque.

"C'est la première fois depuis 2013 que le régime se trouve aussi près de la frontière turque dans la province d'Alep", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'armée a progressé lundi vers la ville de Tall Rifaat, un des trois derniers bastions rebelles dans le nord de la province. Elle a infligé d'importantes pertes aux rebelles, qui ne cachent plus leur frustration devant l'évolution du conflit ces derniers mois.

"La différence entre eux et nous, c'est que nous ne bénéficions pas de l'aide de nos alliés (arabe et occidentaux) tandis que le régime reçoit toute sorte de soutien des siens", a déploré Haitham Hammo, porte-parole de Jabha Chamiya, un groupe rebelle actif dans la province.

"Ceci explique l'effondrement des zones tenues par les révolutionnaires", selon lui.

- Peur des frappes russes -

Dans la partie nord d'Alep, il ne reste plus comme bastion rebelle que Tall Rifaat, Marea et surtout la ville d'Azaz, située à 5 km de la frontière. L'armée en avait été chassée en 2012, soit un an après le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad.

Les rebelles sont désormais "pris en tenaille par l'armée qui progresse vers le nord, les forces kurdes qui avancent du côté ouest, et l'EI qui domine l'est avec notamment la ville d'Al-Bab", explique M. Abdel Rahmane. "Le régime est parvenu à couper la continuité territoriale des rebelles entre le nord et l'ouest de la province", selon lui.

Dimanche soir, les Unités de protection du peuple kurde (YPG), principale force kurde en Syrie, se sont emparées des localités de Merenaz, Aqlamiya et Deir Jamal, quelques jours après avoir pris le contrôle de trois autres bourgs.

"Les habitants ont demandé aux rebelles de se retirer par peur des frappes russes", selon M. Abdel Rahmane.

Sans combattre aux côtés du régime, les YPG bénéficient ainsi indirectement des frappes russes, qui visent presque exclusivement les zones rebelles selon les Occidentaux. L'objectif des Kurdes est de relier les trois "cantons" de leur administration autonome: Afrine, Kobané et Jaziré.

- Encore des morts à Alep -

Parallèlement, l'armée consolide ses positions au nord de la ville d'Alep, coupée en deux depuis 2012 et dont les quartiers Est tenus par les insurgés sont aujourd'hui quasiment assiégés.

Ils contrôlent encore une route au nord de l'ex-capitale économique de Syrie mais celle-ci est sous le feu du régime.

Alep "peut tout à fait tomber si le régime mène à bien (...) sa stratégie de siège, de formation de poches étanches et de pilonnage intensif", estime l'expert français Stéphane Mantoux. "Seules une autre intervention militaire (en faveur des rebelles) ou des livraisons d'armes massives pourraient changer la situation", selon lui.

Environ 350.000 civils sont pratiquement prisonniers dans l'est de la ville, quotidiennement bombardé par les avions du régime et de la Russie. Lundi, 10 civils ont été tués par des raids dans le quartier rebelle de Salihine, selon l'OSDH.

"De quels pourparlers de paix parle-t-on alors que la machine de guerre du régime broie les gens?", lance en colère Abou Ahmad, un résident.

Les habitants de ces quartiers risquent de subir d'importantes pénuries, l'armée étant parvenue à couper la semaine dernière la principale route d'approvisonnement avec la frontière turque.

En revanche, les liaisons terrestres ont repris avec Damas pour les localités chiites de Nebbol et Zahra dont le siège depuis trois ans par les rebelles a été brisé récemment par les forces gouvernementales, a constaté un correspondant de l'AFP.

Alep n'est pas la seule province où les rebelles sont en difficulté. Ils reculent notamment dans le sud et près de Damas, où le régime encercle depuis dimanche Daraya. La Coalition de l'opposition a mis en garde lundi contre un "massacre imminent" dans cette localité située au sud de la capitale.

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