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08/02/2016 04:33 EST | Actualisé 08/02/2017 00:12 EST

L'ONU accuse Damas de mener dans ses geôles une politique d'« extermination »

Le nombre massif de décès dans les geôles syriennes tient de la politique d'« extermination » et est assimilable à un crime contre l'humanité pratiqué par le régime de Damas, estiment des enquêteurs des Nations unies dans un rapport rendu public lundi.

Cette commission d'enquête demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer des « sanctions ciblées » aux membres de la hiérarchie civile et militaire syrienne directement responsables ou complices de la mort, de la torture et de la disparition de détenus. Elle s'abstient toutefois de les nommer.

Le rapport, intitulé « Loin des yeux : Morts en détention » couvre la période allant du 10 mars 2011 au 30 novembre 2015 et s'appuie sur des entretiens avec 621 survivants et témoins ainsi que du matériel documentaire réuni par l'équipe dirigée par le Brésilien Paulo Pinheiro.

Le nombre de personnes maintenues en détention par le gouvernement du président Bachar Al-Assad est estimé à des dizaines de milliers. Des milliers d'autres ont « disparu » après leur arrestation par les forces de sécurité gouvernementales, ou leur enlèvement par des groupes armés, soulignent les enquêteurs de l'ONU.

« Les meurtres et décès décrits dans ce rapport surviennent à une fréquence élevée, sur une longue période de temps et en de multiples endroits, avec un soutien logistique important impliquant de vastes ressources de l'État », poursuit le rapport. « Il est raisonnable de penser que la conduite décrite revient à une extermination assimilable à un crime contre l'humanité. »

De même, ajoutent les enquêteurs, il est raisonnable de penser que des « officiers de haut rang », parmi lesquels les chefs des administrations responsables des centres de détention et de la police militaire, ainsi que leurs supérieurs civils, sont au courant de ces décès massifs en détention. Ils sont donc « pénalement responsables à titre individuel », estiment les experts de l'ONU, qui réclament une nouvelle fois que la Syrie soit poursuivie par la Cour pénale internationale.

Quant aux groupes islamistes Front al Nosra et État islamique, ils ont commis des exécutions de masse de soldats gouvernementaux qu'ils avaient capturés et ont soumis les civils à des « procès illicites » par des tribunaux religieux ayant ordonné des peines capitales.

« La recherche des responsabilités pour ces crimes et d'autres doivent faire partie de toute solution politique », concluent les enquêteurs.

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