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08/02/2016 07:57 EST | Actualisé 08/02/2017 00:12 EST

Etudiant italien supplicié: l'Egypte rejette les accusations contre sa police

Le ministre égyptien de l'Intérieur a vivement rejeté lundi les accusations visant les forces de sécurité dans la mort de l'étudiant italien Giulio Regeni, qui avait disparu au Caire et dont le corps a été retrouvé atrocement torturé 9 jours après.

"Cela n'est pas arrivé", a-t-il martelé lors d'une conférence de presse en réponse à un journaliste qui lui demandait si le jeune doctorant de Cambridge de 28 ans avait été "arrêté par la police".

"Nous rejetons ces accusations", ces "rumeurs", "nous n'acceptons pas même qu'on y fasse allusion, ce ne sont pas les pratiques des appareils de sécurité de l'Etat", a insisté le ministre Magdy Abdel Ghaffar.

Les défenseurs des droits de l'Homme et les opposants en Egypte affirment que Giulio Regeni, qui faisait une thèse sur les mouvements et syndicats ouvriers égyptiens, a été arrêté par la police ou les renseignements qui l'ont torturé pour obtenir des informations. Les milieux diplomatiques et la presse italienne penchent aussi pour cette thèse.

Les organisations internationales de défense des droits de l'Homme dénoncent régulièrement des disparitions d'opposants, des tortures et des tabassages à mort par les services de sécurité, au point que le président en personne avait demandé récemment aux policiers de faire preuve de retenue et prévenu qu'ils auraient "des comptes à rendre", après plusieurs cas de morts brutales dans des commissariats.

L'étudiant a disparu mystérieusement dans une rue du centre du Caire où il s'apprêtait à prendre le métro le 25 janvier, jour anniversaire de la révolte populaire de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir et alors que les autorités avaient interdit tout rassemblement et que policiers et soldats par milliers quadrillaient la capitale.

Son corps avait été retrouvé le 3 février dans un fossé dans une banlieue du Caire, portant des traces de tortures: brûlures de cigarette, plaies d'arme blanche, nombreuses contusions, ongles des pieds et des mains arrachés, selon les rapports d'autopsie.

L'Italie a exigé avec insistance "toute la vérité" et que les "vrais responsables" soient identifiés et jugés, convoquant à ce propos l'ambassadeur d'Egypte à Rome.

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