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08/02/2016 07:58 EST | Actualisé 08/02/2017 00:12 EST

Et si Ben Scrivens se mettait à marcher sur l'eau?

BILLET - Vous avez vu cette scène 100 fois au cinéma.

Un texte de Martin Leclerc

Le patient est mort sur la table. Autour de lui, tout le personnel infirmier semble résigné. Puis soudainement, le médecin s'empare de nouveau du défibrillateur et annonce au reste de son équipe qu'il fera une ultime tentative pour le ramener à la vie. Personne n'y croit.

« Éloignez-vous de la table! », ordonne le médecin. Une fraction de seconde plus tard, le courant passe. POUF! Gros plan sur le moniteur cardiaque : le pouls réapparaît.

Avant d'affronter les Oilers samedi après-midi, le CH était mort sur la table. Au premier vingt, Connor McDavid et sa bande attaquaient de tous les côtés sans la moindre contrainte. Mais envers et contre tous, Ben Scrivens a stoppé les neuf chances de marquer des visiteurs. Et les hommes de Michel Therrien sont finalement rentrés au vestiaire avec une avance de deux buts.

Quand le Canadien est revenu sur la patinoire en deuxième, le pouls était miraculeusement revenu. La défense était redevenue plus méthodique, plus calme et moins échevelée. Et pour la première fois depuis belle lurette, l'équipe semblait avoir retrouvé son style patient.

Cet état d'esprit s'est perpétué dimanche, dans un match extrêmement défensif (comme on en voit dans la dernière ligne droite du calendrier) face aux Hurricanes. En tirs de barrage, au moment où le CH avait désespérément besoin d'un point supplémentaire, Scrivens a calmement scellé l'affaire en stoppant les cinq tireurs qui se sont présentés devant lui. 

« Nous avions besoin d'une performance comme celle-là pour retrouver notre confiance », commentait Max Pacioretty dimanche, après avoir vu Scrivens et son équipe vaincre les Oilers (5 à 1) et les Hurricanes (2 à 1) en un peu plus de 24 heures.

C'était la première fois depuis novembre que le CH parvenait à signer deux victoires consécutives.

« Au cours des dernières semaines, on sentait que l'équipe se dégonflait quand on jouait bien et qu'on accordait de grosses chances de marquer. Mais Scrivens a donné le ton à notre week-end en réussissant rapidement de gros arrêts contre Edmonton. Et nous nous sommes ralliés derrière lui », a poursuivi Pacioretty.

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Lundi matin, Michel Therrien s'est réveillé avec quatre points de plus en poche. Mais la commande à remplir est toujours aussi lourde : pour participer aux séries, son club devra récolter environ 40 des 56 points de classement qu'il lui reste à défendre.

En d'autres mots, il reste 28 matchs à disputer, le CH est à 9 défaites de l'élimination et l'équipe doit maintenir une vertigineuse moyenne de succès de ,714 pour sauver sa peau.

Le patient est très loin d'être sorti du bois! Mais au moins, il y a un pouls.

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Tout cela nous ramène à Ben Scrivens. Pour lui et sa nouvelle équipe, c'est cette semaine que ça se passe.

Le CH connaîtra-t-il un regain de vie et offrira-t-il une fin de calendrier digne de ce nom (et même quelques frissons) à ses partisans? Ou retombera-t-il dans le coma aussi rapidement qu'il en est sorti en fin de semaine?

Toutes les équipes de hockey qui connaissent des regains de vie inattendus ont une chose en commun : elles misent sur un gardien, souvent sorti de nulle part, qui se met soudainement à marcher sur les eaux.

L'exemple des Sénateurs d'Ottawa et du Hamburglar, la saison dernière, est patent. Dans son histoire, de Steve Penney à Jaroslav Halak, en passant par Cristobal Huet, le CH a vécu plusieurs épisodes du genre.

Scrivens pourrait-il sortir un tel lapin de son chapeau? Son profil est intéressant parce qu'il n'a rien à perdre.

Voilà un gardien de 29 ans qui a compilé des statistiques hallucinantes dans les rangs universitaires et qui a produit des flashs fort intéressants au cours de sa carrière professionnelle. Voilà un vétéran de 29 ans qui n'a pas de contrat en vue de la prochaine saison et qui obtient une chance inespérée de rappeler son existence aux décideurs de la LNH.

À Edmonton, Scrivens a signé un record de la LNH en réussissant un blanchissage dans un bombardement de 59 tirs. À Los Angeles, alors que Jonathan Quick était tombé au combat, Scrivens avait maintenu une moyenne d'efficacité de ,931. Ce fut la seule fois de sa carrière où il a eu la chance de jouer derrière une défense d'élite dans la LNH.

Que pourrait-il faire au cours des trois ou quatre prochaines semaines si le CH se remettait à jouer comme l'une des trois ou quatre meilleures équipes défensives de la ligue?

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Soyons bien clairs : le Canadien est dans de sales draps et ses chances de participer aux séries sont extrêmement minces.

En même temps, il suffit parfois d'un tout petit élément déclencheur pour enflammer une équipe et changer le cours d'une saison qui semblait totalement perdue.

Pour Scrivens, le défi consistera à ne pas se faire dégonfler son ballon dès mardi soir face au redoutable Lightning de Tampa Bay. Parce que toutes les équipes qui connaissent un regain de vie inattendu ont aussi ceci en commun : leur gardien sorti de nulle part et qui marche sur les eaux leur permet toujours, à un moment-clé, de vaincre leur bête noire et de prolonger leurs séries de victoires.

Si Ben Scrivens n'échappe pas son patient cette semaine, qui sait, ça pourrait devenir amusant de suivre cette équipe jusqu'à la mi-avril.

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