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08/02/2016 00:43 EST | Actualisé 08/02/2017 00:12 EST

Egypte: HRW accuse un ministre d'appeler au "massacre" d'opposants

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé lundi le ministre égyptien de la Justice d'appeler au "massacre" d'opposants islamistes après qu'il a souhaité à la télévision la mort de dizaines de milliers de Frères musulmans.

La confrérie islamiste, qui avait remporté toutes les élections en 2012, a été chassée du pouvoir en 2013 par le chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi qui a destitué le président élu Mohamed Morsi. Puis policiers et soldats avaient tué en quelques jours des centaines de manifestants qui réclamaient son retour.

Le 28 janvier, le ministre de la Justice Ahmed el-Zind a déclaré à une chaîne de télévision qu'il ne serait "pas satisfait tant que 10.000 Frères musulmans ne seraient pas tués" pour chaque membre des forces de sécurité ayant péri dans un attentat.

"Le fait que les forces de sécurité égyptiennes se sont déjà rendues coupables de massacres de masse de sympathisants des Frères musulmans (...) rend très réelle la menace du ministre de la Justice", a déploré HRW dans un communiqué.

"Qu'un haut responsable du gouvernement en charge de faire respecter l'état de droit encourage publiquement à la télévision au massacre d'opposants politiques démontre que des membres du gouvernement égyptien ont abandonné toute prétention même à la justice", poursuit l'organisation basée à New York, appelant le président Sissi à condamner les propos de son ministre.

Depuis la destitution de M. Morsi le 3 juillet 2013, des centaines de policiers et soldats ont été tués dans des attentats, revendiqués par des mouvements jihadistes, essentiellement la branche égyptienne de l'organisation Etat islamique (EI).

Mais le pouvoir accuse systématiquement les Frères musulmans décrétés "organisation terroriste". Or, ces attaques sont régulièrement condamnées par la confrérie.

En quelques jours en 2013, plus de 1.400 manifestants pro-Morsi ont été tués par policiers et soldats, dont près de 800 en quelques heures au centre du Caire le 14 août 2013. HRW avait dénoncé un "massacre qui s'apparente à un crime contre l'Humanité".

gir/nbz

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