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08/02/2016 05:27 EST | Actualisé 08/02/2017 00:12 EST

Carnaval: deuxième nuit de défilés sur le sambodrome, loin du Zika

Rio de Janeiro se préparait lundi à sa seconde nuit de défilés sur le sambodrome, aspergé d'insecticide par des agents sanitaires pour éliminer les foyers de moustiques et décidé à ne pas laisser le virus Zika jouer les trouble-fête.

Comme dans la nuit de dimanche, six des meilleures écoles de samba du pays parcourront les 700 m du sambodrome devant 70.000 spectateurs.

La plupart se sont enduits de crème anti-moustique : "La plus grande fête du monde, c'est pour se relaxer! Je me suis mis du répulsif, c'est bon! Maintenant je vais danser la samba toute la nuit", déclarait à l'AFP Daniela Trevisan, psychologue de 40 ans, dans les tribunes dimanche soir.

Elle se préparait à assister aux défilés, avec leurs chars somptueux et danseuses dont certaines sont à peine couvertes de quelques paillettes, au son des percussions, une véritable soupape d'échappement aux crises sanitaire, économique et politique qui frappent les Brésiliens.

Sans attendre ces deux nuits d'apothéose du carnaval, les fêtards ont pris d'assaut les rues, depuis quinze jours, pour s'amuser dans les "blocos" (défilés de rue).

Le plus traditionnel, le Bola Preta, a rassemblé samedi un million de personnes malgré la découverte du virus actif du Zika, transmis par le moustique Aedes Aegypti, dans la salive, l'urine, le sang et le sperme de quelques malades, autant de possibles nouveaux modes de contagion.

Le virus est surtout dangereux pour les femmes enceintes car soupçonné d'être responsable de l'explosion de cas de microcéphalies chez des nourrissons.

Si rien n'arrête les fêtards, les autorités sanitaires restent vigilantes.

Entre chaque défilé dimanche soir, l'armée de balayeurs municipaux qui nettoie la piste du sambodrome pour le passage de la prochaine école arborait un T-shirt à l'effigie du moustique Aedes Aegyti où il était écrit "10 mn sauve des vies", pour inciter les habitants à prendre dix minutes par semaine pour éliminer les possibles foyers de prolifération du moustique chez eux.

- Les touristes sont bien là -

Il n'y a pas eu d'annulation dans le réseau hôtelier pour le carnaval par crainte du Zika, assure le secrétaire municipal au Tourisme Antonio Pedro Figueira de Mello : "l'occupation est de 90%", même si de nombreux pays ont recommandé aux femmes enceintes d'éviter de se rendre au Brésil et autres pays touchés.

Dimanche, onze navires transatlantiques sont arrivés avec 70.000 personnes, un record.

Un million de touristes sont attendus pour le carnaval dans la ville, hôte des jeux Olympiques en août. Ils injecteront trois milliards de réais (750 millions d'euros) dans l'économie locale.

Les autorités ont fait campagne pour que des répulsifs, dont les ventes ont explosé dans le pays, soient mis en vente dans les hôtels.

Outre l'anti-moustique, il est recommandé à tout le monde, et aux femmes enceintes en particulier, de porter des manches longues et d'éviter d'embrasser ou partager les couverts de quelqu'un présentant les symptômes du Zika, semblables à la grippe.

- Douze candidats au titre -

C'est l'école de samba Mangueira, avec un hommage à la chanteuse Maria Bethânia, originaire de Bahia et adepte du Candomblé (culte afro-brésilien), qui clôturera les défilés à l'aube mardi.

Et, pour la première fois dans l'histoire du carnaval, 40 enfants réfugiés au Brésil, de sept pays dont la Syrie, Palestine, Libye et le Soudan, de l'école de samba infantile de Mangueira prendront le relais dans la matinée pour défiler sur le sambodrome.

Mangueira sera précédée par ses rivales Vila Isabel, Salgueiro, avec un hommage au "malandro"(voyou de Rio), Sao Clemente, qui a choisi le cirque comme thème, Portela et Imperatriz, qui mettra à l'honneur la musique country brésilienne.

Chaque école comprend 3.500 à 4.500 danseurs, pour beaucoup issus des favelas, et dépense jusqu'à quatre millions d'euros pour l'événement. Ces défilés, autrefois largement financés par la mafia des jeux clandestins, sont de plus en plus parrainés par de grandes marques.

Mais cette année, avec la récession, les sponsors ont souvent fait défaut et les écoles ont dû économiser.

Un jury de 40 membres est chargé de tout noter : les costumes extravagants, les percussions, les chars monumentaux, les danseuses. La "championne du carnaval 2016", parmi les douze écoles de la première division, sera connue mercredi.

cdo/ka/alc

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