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07/02/2016 02:19 EST | Actualisé 07/02/2017 00:12 EST

Manif anti-migrants à Calais: 5 personnes dont un général de la Légion poursuivies

Cinq personnes, dont un général ancien patron de la Légion étrangère, seront jugées lundi, deux jours après leur interpellation à Calais lors d'un rassemblement hostile aux migrants, a-t-on appris de source judiciaire.

Le général Christian Piquemal, désigné comme ayant eu "le rôle principal" dans cette manifestation interdite, sera poursuivi pour "participation à un attroupement qui ne s'est pas dissout après sommation" et les quatre autres personnes pour "port illégal d'armes".

Ils risquent une peine allant jusqu'à un an de prison ferme.

Organisée à Calais à l'appel du mouvement islamophobe Pegida, la manifestation de samedi avait été interdite par les autorités et a été marquée par des échauffourées entre forces de l'ordre et manifestants, qui ont scandé des slogans tels que "on est chez nous!", "Etat dictateur" ou "migrants dehors".

Après plusieurs appels à la dispersion, les gendarmes ont chargé les manifestants et fait usage de gaz lacrymogènes. Vingt personnes ont été interpellées, parmi lesquelles M. Piquemal, général en retraite, ancien grand patron de la Légion de 1994 à 1999, prestigieuse unité de l'armée française.

Le général Piquemal a été également, après son départ du service actif, président de l'Union nationale des parachutistes, une association d'anciens militaires français. Il anime aujourd'hui un blog ("Cercle des Citoyens-Patriotes"), où il avait appelé à participer à la manifestation de Calais, une réunion "apolitique" selon lui.

"On sait bien que la manifestation a été interdite et que l'autorité de l'Etat a été défiée. Le général, il n'est pas venu à Calais pour faire de la figuration", a déclaré à l'AFP le procureur de Boulogne-sur-Mer (nord), Jean-Pierre Valensi.

Les quatres autres individus avaient été contrôlés en amont de la manifestation et portaient sur elles "des armes dangereuses" de type taser, poing américain et cutter, selon la même source.

Ils comparaîtront lundi après-midi devant le tribunal de Boulogne-sur mer, a précisé le procureur.

Samedi soir, de nombreuses réactions à l'arrestation de l'ex-militaire, venues pour l'essentiel de l'extrême droite, ont agité les réseaux sociaux français.

"Soutien au général #Piquemal, injustement et brutalement arrêté à #Calais!", a écrit sur son compte twitter la députée Front National (FN) Marion Maréchal-Le Pen, tandis qu'un autre député d'extrême droite, Gilbert Collard, exprimait "sa honte".

dac/hba/alc