NOUVELLES
07/02/2016 05:11 EST | Actualisé 07/02/2017 00:12 EST

La Turquie aurait atteint la limite de sa «capacité d'absorber» les réfugiés

KILIS, Turquie — La Turquie a atteint la limite de sa «capacité d'absorber» les migrants, mais elle continuera de les faire entrer au pays, a assuré dimanche le vice-premier ministre turc alors que des dizaines de milliers de Syriens ont été bloqués à la frontière turque dans les derniers jours.

Les autorités du pays estiment que 35 000 Syriens se massent le long de la frontière, qui est demeurée fermée pour un troisième jour dimanche. Le gouverneur de la province de Kilis a dit que la Turquie fournirait de l'aide aux migrants, mais qu'elle n'ouvrirait pas la frontière sauf dans le cas d'une «crise extraordinaire».

Le vice-premier ministre Numan Kurtulmus au réseau turc de CNN que la Turquie avait accueilli jusqu'à maintenant trois millions de migrants, dont 2,5 millions de Syriens.

M. Kurtulmus a déclaré que bien que son pays a «atteint la limite de sa capacité d'absorber», il ne cessera pas d'accueillir ces gens «qui n'ont pas d'autre endroit où aller». La Turquie a le choix de «regarder ce massacre comme tout le reste du monde» ou «d'ouvrir ses frontières», a-t-il remarqué.

Le vice-premier ministre a indiqué que 15 000 migrants avaient été accueillis dans les derniers jours, sans élaborer davantage. Il a précisé que 30 000 migrants avaient reçu de l'aide à la frontière.

Il a expliqué que le pays en «enregistrait quelques-uns», tout en fournissant de l'aide humanitaire aux autres.

M. Kurtulmus n'a pas dit pourquoi le poste-frontière de Oncupinar avait été fermé, refoulant des dizaines de milliers de migrants provenant de la ville de Bab al-Salameh, en Syrie.

Samedi, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) avaient pressé la Turquie d'ouvrir ses frontières aux migrants, rappelant qu'ils versaient une aide de 3,3 milliards $ US à la Turquie exactement pour ces situations. 

Le pape François a ajouté sa voix à celle de l'Europe en demandant à la communauté internationale de «ne ménager aucun effort» pour aider les Syriens.

«Je suis avec beaucoup d'inquiétude le sort dramatique de la population civile qui est prise dans les combats violents en Syrie et qui est forcée de tout abandonner pour fuir l'horreur de la guerre», a-t-il déclaré à sa messe dominicale.

En Syrie, les forces alliées du gouvernement ont monté d'un cran leur offensive dans le nord de la province d'Alep, ce qui a causé le déplacement massif de civils vers la frontière turque.

Des militants de l'opposition syrienne ont affirmé que les soldats syriens au sol, soutenus par les frappes russes, s'étaient livrés à des combats nourris contre les rebelles près du village de Ratyan et des environs de la ville d'Alep. L'armée syrienne a presque tout encerclé Alep, la plus grande ville de la Syrie, préparant le terrain à un blocus.