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07/02/2016 01:18 EST | Actualisé 07/02/2017 00:12 EST

Israël: six mois de sursis pour une députée arabe ayant insulté des policiers

La députée arabe israélienne Haneen Zoabi, une des personnalités les plus controversées d'Israël, a été condamnée dimanche à six mois de prison avec sursis pour avoir insulté des policiers israéliens, ont indiqué des sources judiciaires.

Haneen Zoabi, considérée comme la bête noire de pratiquement toute la classe politique israélienne, a été reconnue coupable "d'outrage à agent public".

Sa peine de six mois de prison de sursis sera mise en application si elle est condamnée pour un délit similaire durant les deux années à venir. Elle a également été condamnée à une amende de 3.000 shekels (750 dollars).

Cette condamnation prononcée par le tribunal de district de Nazareth (nord d'Israël) fait suite à un incident survenu le 6 juillet 2014 lorsque la députée avait qualifié deux policiers arabes israéliens de "traîtres".

Cet incident s'était produit lors de comparution devant un tribunal de Nazareth de jeunes Arabes de la ville arrêtés après des manifestations organisées pour dénoncer la mort en juillet 2014 de Mohammed Abou Khdeir, un adolescent palestinien brûlé vif à Jérusalem par trois extrémistes juifs.

Haneen Zoabi est membre du parti Balad (3 députés) qui constitue avec d'autres formations arabes la Liste unie, la troisième formation au Parlement avec 13 députés.

Avec deux autres parlementaires de Balad, Mme Zoabi a déclenché ces derniers jours la fureur du reste de la classe politique israélienne en rencontrant les familles d'auteurs d'attentats anti-israéliens ou leurs représentants.

Le Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu les a accusés d'"apporter leur réconfort aux familles de terroristes", affirmant qu'ils ne "méritaient pas de siéger" au Parlement et demandant au chef de cette assemblée d'examiner de possibles sanctions.

La controverse a éclaté dans un climat de violences renouvelées, avec une série d'attaques menées par des Palestiniens, souvent ensuite abattus par les forces de l'ordre israéliennes.

Les députés Basel Ghattas, Jamal Zahalka et Haneen Zoabi avaient rencontré mardi des représentants des proches et d'un groupe de soutien aux familles qui militent pour récupérer les corps de leurs proches que les autorités israéliennes ont confisqués, une mesure de rétorsion controversée.

En 2010 déjà, l'arrestation de Haneen Zoabi à bord d'une flottille turque qui tentait de briser le blocus imposé depuis 10 ans par Israël à la bande de Gaza, avait créé le scandale. Elle n'avait échappé à la prison que grâce à son immunité parlementaire. Elle avait été ensuite suspendue six mois de la Knesset, le Parlement israélien, en juillet 2014 pour avoir déclaré que les assassins palestiniens de trois adolescents juifs en Cisjordanie occupée n'étaient pas des "terroristes".

jlr/sbh/hj