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07/02/2016 11:18 EST | Actualisé 07/02/2016 11:19 EST

Des athlètes canadiens demandent l'aide des internautes pour se rendre aux Jeux de Rio

ASSOCIATED PRESS
Canada's Stefanie Tremblay celebrates after beating Brazil's Mariana Silva during a women's -63kg judo match at the Pan Am Games, Monday, July 13, 2015, in Mississauga, Ontario. (AP Photo/Julio Cortez)

Seriez-vous prêts à verser 100 $ par mois pour appuyer un athlète canadien qui rêve d'une médaille olympique? À six mois des Jeux de Rio, plusieurs sportifs de haut niveau demandent l'aide du public pour participer aux Olympiques en lançant des campagnes de sociofinancement en ligne.

Un reportage de Laurence Martin et de Valérie Ouellet

Stéfanie Tremblay et Ecaterina Guica, deux judokas québécoises, ne comptent plus les heures qu'elles passent ces temps-ci au Stade olympique de Montréal. Les entraînements, c'est quand elles ne sont pas à l'étranger pour participer au plus grand nombre possible de tournois.

Elles espèrent en faire dix dans les prochains mois pour se qualifier aux Jeux de Rio. Ces compétitions coûtent environ 2000 $ chacune, une facture salée qu'elles doivent payer de leur poche. Selon elles, les subventions qu'elles reçoivent du gouvernement sont insuffisantes.

Stéfanie Tremblay, judoka

Stéfanie et Ecaterina ont lancé leur troisième campagne de sociofinancement sur le site makeachamp.com, qui propose aux internautes ou entreprises de leur verser 100 $ par mois jusqu'aux Jeux de Rio.

Un appui qui peut vraiment faire une différence, surtout pour des athlètes comme elles qui ne sont pas encore classées parmi les 14 meilleures au monde et qui ne peuvent donc pas recevoir du financement du programme À Nous le Podium.

Ecaterina Guica se sent coincée dans un cercle vicieux, parce qu'il faut des bourses pour avoir une chance de gagner et il faut gagner pour obtenir plus de bourses.

Ecaterina Guica, judoka

« C'est vraiment plus facile »

Peut-on vraiment faire une différence dans la carrière d'une athlète en lui donnant 5 ou 10 dollars en ligne?

Absolument, répond la boxeuse franco-ontarienne Mandy Bujold, qui s'est tournée vers le sociofinancement en 2014, quand Sport Canada lui a dit qu'il ne pouvait plus payer sa participation au Championnat du monde de boxe féminine en Corée du Sud.

À la dernière minute, elle a lancé une campagne en ligne et ramassé 3300 $ grâce aux dons de dizaines d'internautes. Le championnat lui a permis de se classer 6e au monde, une étape cruciale dans son cheminement vers Rio.

Elle croit aussi que ses proches et ses amis aiment pouvoir l'appuyer dans ses efforts.

La boxeuse Mandy Bujold

Comment fonctionne le financement des athlètes canadiens?

- Le Programme d'aide aux athlètes permet aux sportifs de recevoir des allocations mensuelles, de couvrir leurs frais de scolarité et de payer certaines dépenses, comme de l'équipement spécialisé. Environ 1900 athlètes se partagent un financement de 28 M$ par année, en général ceux qui sont classés parmi les 16 meilleurs au monde dans leur sport.

- Le Programme À Nous le Podium donne du financement additionnel aux athlètes considérés comme des espoirs de médaille olympique. Il a été créé en 2010, avant les Jeux de Vancouver et représente environ 64 M$ par année.

Deux autres programmes d'Ottawa financent les fédérations sportives et l'organisation de compétitions internationales au Canada. Les athlètes peuvent aussi recevoir des bourses provinciales et des commandites privées.

(Source : Sport Canada, février 2016)

Une stratégie de plus en plus populaire

Selon Benoît Séguin, professeur en gestion sportive à l'Université d'Ottawa, le sociofinancement peut aussi permettre à des athlètes de se concentrer sur leur entraînement à quelques mois des Jeux.

Il croit que le phénomène est là pour rester. D'abord, parce que les frais d'entraîneurs, de compétitions et d'équipement ne font qu'augmenter avec les années, et les athlètes doivent être de plus en plus créatifs pour joindre les deux bouts.

Et puis, les commanditaires privés ne sont pas toujours au rendez-vous pour tout le monde :

« Souvent, [les commandites privées], c'est plus d'argent donné à peut-être moins d'athlètes, parce qu'on veut tous être associés à des athlètes qui ont les meilleures chances. »

— Benoît Séguin, professeur en gestion sportive à l'Université d'Ottawa

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