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06/02/2016 08:26 EST | Actualisé 07/02/2016 02:18 EST

La Corée du Nord procède au tir d'une fusée à longue portée

stephan/Flickr

Le Conseil de sécurité de l'ONU a "condamné fermement le lancement" d'une fusée par la Corée du Nord dimanche, dans une déclaration unanime adoptée à l'issue de consultations à huis clos.

Le Conseil s'engage à "adopter rapidement une nouvelle résolution", en chantier depuis plusieurs semaines, pour alourdir les sanctions contre Pyongyang en réponse à ce tir et au dernier essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier.

"Les membres du Conseil de sécurité vont adopter rapidement une nouvelle résolution du Conseil imposant des mesures significatives en réponse à ces violations dangereuses et graves" des résolutions de l'ONU.

Celles-ci interdisent à Pyongang toute activité nucléaire ou balistique sous peine des sanctions économiques, dont un gel des avoirs des individus qui contribuent aux programmes militaires nord-coréens.

La déclaration affirme que le lancement, présenté par Pyongyang comme étant celui d'un satellite, "utilise la technologie des missiles balistiques" et qu'ainsi il "contribue au développement par la Corée du Nord de systèmes de vecteurs d'armes nucléaires", c'est-à-dire de missiles intercontinentaux à tête nucléaire capables d'atteindre les Etats-Unis.

"Il s'agit clairement d'une menace contre la paix et la sécurité internationales", ajoute le texte.

Les négociations entre Washington et Pékin sur une résolution alourdissant nettement les sanctions qui pèsent sur la Corée du Nord piétinent depuis des semaines en raison des réticences de la Chine, principale alliée de Pyongyang, selon des diplomates.

La Chine est de plus en plus irritée par les initiatives de son allié mais redoute surtout la perspective d'un effondrement du régime communiste qui créerait à sa porte une Corée unifiée alignée sur les Etats-Unis.

Interrogé sur une adoption rapide de cette résolution, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a reconnu que "nous n'en sommes pas encore là (...), nous avons encore du travail à faire". Il faut selon lui une "résolution qui ait du poids, certes, mais qui soit raisonnable, (...) qui ne mène pas à l'effondrement économique de la Corée du Nord ou à une aggravation des tensions dans la péninsule coréenne".

Pour l'ambassadeur chinois Liu Jieyi, la nouvelle résolution devra "réduire la tension, oeuvrer à la dénucléarisation et au maintien de la paix et la stabilité et promouvoir une solution négociée".

La Chine, membre permanent du Conseil avec droit de veto, peut bloquer toute résolution.

Une première mouture de la déclaration du Conseil parlait d'une "résolution vigoureuse", mais ce qualificatif a ensuite disparu du texte.

L'ambassadrice américaine Samantha Power a cependant affirmé devant les journalistes que les efforts américains allaient "aboutir à quelque chose de solide et de complet". Elle a mis en valeur "l'unité du Conseil" et a estimé qu'il y avait "urgence" à adopter la résolution.

Chaque initiative nucléaire ou balistique de la Corée du Nord, a-t-elle ajouté, "la rapproche du développement de missiles nucléaires intercontinentaux à ogives atomiques", ce que Washington ne peut pas laisser faire.

Selon des diplomates, parmi les nouvelles sanctions proposées par Washington et ses alliés japonais et sud-coréen, figurent l'interdiction pour les navires nord-coréens de faire relâche dans des ports ou des restrictions aux livraisons de pétrole. La Chine de son côté insisterait pour s'en tenir à des mesures de lutte contre la prolifération.

Au cours de la réunion de dimanche, l'ambassadeur chinois a estimé que la nouvelle résolution devait se contenter de freiner les ambitions balistiques de Pyongyang, selon des diplomates.

L'ambassadeur japonais Motohide Yoshikawa s'est félicité devant les journalistes de ce que "les membres du  Conseil soient unis dans leur indignation".