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06/02/2016 02:30 EST | Actualisé 06/02/2017 00:12 EST

L'Etat portugais remonte à 50% du capital de la compagnie aérienne TAP

Le gouvernement socialiste du Portugal a porté la part de l'Etat dans la compagnie aérienne TAP de 39% à 50%, revenant ainsi partiellement sur une privatisation décidée par le précédent exécutif de droite, a annoncé samedi le Premier ministre Antonio Costa.

L'Etat déboursera 1,9 million d'euros pour racheter 11% du capital à l'homme d'affaires américano-brésilien David Neeleman et à son associé portugais, Humberto Pedrosa, qui avaient acquis 61% des parts de la TAP dans le cadre de sa privatisation l'an dernier.

"Le gouvernement n'interviendra pas dans la gestion quotidienne de la TAP, qui restera aux mains des actionnaires privés", a déclaré le Premier ministre Antonio Costa devant la presse à l'issue de la signature d'un accord avec le consortium Gateway dirigé par M. Pedrosa.

Le gouvernement aura cependant "une voix prépondérante au sein du conseil d'administration de la TAP" qui comptera six représentants de l'Etat et six du consortium, a précisé le ministre des Infrastructures Pedro Marques.

"La TAP deviendra une compagnie plus forte qui sera ainsi en meilleure position pour défendre les intérêts stratégiques du Portugal", a fait valoir le Premier ministre, assurant que cette reprise des parts de l'Etat était "conforme à la loi".

Reconduit après les élections du 4 octobre mais sans majorité absolue, le gouvernement de droite de Pedro Passos Coelho avait été évincé au Parlement le 10 novembre par une alliance inédite du Parti socialiste avec la gauche radicale.

Deux jours plus tard, alors démissionnaire, l'exécutif avait finalisé, malgré les critiques de la gauche, la vente de 61% du capital de la compagnie aérienne au consortium Gateway.

Nommé depuis Premier ministre, le socialiste Antonio Costa avait promis dans son programme qu'il "ne permettrait pas que l'Etat perde plus de la moitié du capital de la TAP".

Du coup, les actionnaires privés ont dû renoncer à leur majorité dans ce fleuron national, et leur part pourrait même baisser à 45%, si les salariés, qui ont droit à 5% du capital, exercent leur option d'achat.

Le groupe TAP, qui compte plus de 10.000 salariés, est à court de trésorerie et ses dettes s'élèvent à plus d'un milliard d'euros. Depuis son arrivée, le consortium a déjà injecté 180 millions d'euros dans l'entreprise.

La vente des parts de l'Etat de la TAP figurait au programme de privatisations compris dans le plan de sauvetage financier négocié en 2011 par les socialistes avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

Le gouvernement d'Antonio Costa est aussi revenu sur la privatisation de la gestion des transports en commun de Lisbonne et Porto, la grande ville du nord du Portugal, qu'il a déjà suspendue, semant la consternation parmi les investisseurs.

bh/alc