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05/02/2016 02:03 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Un comité de l'ONU appelle à libérer Julian Assange

Un comité de l'ONU a appelé vendredi à mettre fin à la "détention arbitraire" du fondateur de Wikileaks Julian Assange, confiné depuis plus de trois ans dans l'ambassade d'Equateur à Londres.

Mais les gouvernements britannique et suédois ont immédiatement rejeté l'avis de ce comité, non contraignant, Londres laissant ainsi entendre qu'il serait arrêté s'il mettait un pied hors de l'ambassade.

Julian Assange a été "arbitrairement détenu par la Suède et le Royaume-Uni depuis son arrestation à Londres le 7 décembre 2010", a indiqué un groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire, dans des conclusions rendues publiques à Genève.

Le comité appelle "les autorités suédoises et britanniques" à "mettre fin à sa détention" et à respecter le droit du fondateur de WikiLeaks à être "indemnisé".

Interviewé par la radio française France Inter juste avant l'annonce officielle de l'ONU, l'Australien âgé de 44 ans a déclaré que, fort de cet avis, il comptait "demander immédiatement la restitution de (s)on passeport pour regagner (s)a liberté de mouvement".

"Cela ne change rien. Nous rejetons catégoriquement l'affirmation selon laquelle Julian Assange est victime d'une détention arbitraire", a répliqué un porte-parole du gouvernement britannique. "Le Royaume-Uni a déjà dit clairement aux Nations unies qu'il contesterait formellement l'opinion de ce groupe de travail", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Considérant que l'Australien, accusé de viol par une Suédoise, est un "fugitif vis-à-vis de la justice", le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a carrément jugé "ridicule" l'avis de l'ONU.

- 'Aucune incidence formelle sur l'enquête' -

Même réaction du côté de Stockholm. "Le gouvernement n'est pas d'accord" avec ce comité qui "n'a pas le droit (...) d'interférer dans une affaire en cours traitée" par la justice suédoise, a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

Dès jeudi, le parquet suédois, chargé de l'enquête sur des accusations de viol lancées par une Suédoise en 2010 contre Assange, avait souligné que la décision du comité n'aurait "aucune incidence formelle sur l'enquête préliminaire en cours dans le cadre de la loi suédoise".

Un avocat suédois d'Assange ,Thomas Olsson, interrogé par l'AFP, a souligné que "si la Suède attend des autres pays qu'ils suivent les recommandations de l'ONU, alors elle doit elle-même respecter ces décisions".

"Nous pouvons demander au parquet de réviser le mandat d'arrêt mais nous allons d'abord leur laisser une chance de montrer qu'ils respectent la décision des Nations unies", a-t-il souligné.

- '#Sunshine4Julian' -

Le fondateur de Wikileaks doit à présent donner une conférence de presse à 12H00 GMT à Londres.

"Julian et ses avocats seront présents pour parler de la décision et de ses ramifications pour WikiLeaks, la Suède et le Royaume-Uni", selon un communiqué de WikiLeaks.

M. Assange peut choisir d'intervenir par vidéo-conférence.

Dans l'espoir de le voir apparaitre, des dizaines de journalistes avaient pris position tôt le matin devant l'ambassade équatorienne, dans le quartier chic de Knightsbridge. En milieu de matinée, un car de police s'est posté devant le bâtiment.

Le groupe de piratage informatique des Anonymous a relayé sur les réseaux sociaux un appel à se rassembler à 13H00 GMT devant l'ambassade pour appeler à la libération du militant, avec le hashtag #Sunshine4Julian (du soleil pour Julian).

#arbitrarilydetained est aussi apparu sur les réseaux sociaux, ouvant la voie à toute une série de plaintes plus ou moins sérieuses.

L'Équateur, qui accordé l'asile politique à Assange en août 2012, lui a garanti la poursuite d'un soutien sans faille.

Personnage controversé, défenseur héroïque des libertés pour ses fans, égocentrique en mal d'attention pour ses détracteurs, Julian Assange nie le viol dont on l'accuse.

Les magistrats suédois ont émis contre lui un mandat d'arrêt européen et souhaitent l'entendre à l'ambassade d'Équateur, dont il n'est pas sorti depuis juin 2012.

Mais Assange refuse de se rendre en Suède de peur d'être extradé vers les États-Unis, où il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks, en 2010, de 500.000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250.000 communications diplomatiques.

La principale source des documents publiés, le soldat américain Bradley Manning (devenu Chelsea), a été condamné à 35 ans de prison pour espionnage.

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