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05/02/2016 07:34 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Un avion américain autorisé en 2013 à récupérer Snowden au Danemark

Le Danemark avait autorisé en 2013 un avion américain à récupérer sur son sol Edward Snowden, qui avait révélé l'ampleur des pouvoirs de surveillance de l'agence de renseignement américaine NSA, a indiqué le ministre danois de la Justice dans une lettre rendue publique vendredi.

Interrogé mercredi au Parlement sur la question, le ministre, Søren Pind, avait d'abord affirmé que Copenhague avait autorisé un appareil américain à se poser dans l'aéroport de la capitale danoise sans en préciser les motifs.

"Le but de la présence de cet avion à l'aéroport de Copenhague était, d'après ce que nous avions compris, d'avoir la possibilité de transporter Edward Snowden vers les États-Unis, s'il avait été extradé de Russie ou d'un autre pays", a écrit M. Pind dans une lettre aux députés pour étayer sa réponse initiale.

Le ministre a précisé que, par sa nature, cette information aurait dû demeurer confidentielle mais qu'il avait choisi de la rendre publique en raison des vives réactions causées par sa réponse de mercredi.

"Le ministre de la Justice danois semble confirmer que le Danemark avait l'intention de violer le principe de non-refoulement quand j'ai demandé l'asile", a déploré Edward Snowden sur Twitter.

D'après la Convention sur le statut des réfugiés, le principe de non-refoulement interdit l'expulsion d'un "réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée" en raison notamment de ses opinions politiques.

Inculpé pour espionnage aux États-Unis, l'informaticien américain de 32 ans est réfugié en Russie depuis 2013, où il a obtenu l'asile. Il risque 30 ans de prison dans son pays.

Il a volé de très nombreux documents secrets lors de son passage au sein de la National Security Agency (NSA), l'une des agences de renseignements les plus secrètes des États-Unis, spécialisée dans l'interception des communications électroniques.

Les documents que M. Snowden a remis à des journalistes ont révélé des programmes d'espionnage d'une ampleur jusque-là totalement insoupçonnée.

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