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04/02/2016 22:37 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Turquie: frontière fermée avec la Syrie alors que des milliers fuient Alep (AFP)

La frontière entre la Turquie et la Syrie était fermée vendredi au sud de la ville turque de Kilis (sud), alors des milliers de personnes étaient massées, selon Ankara, côté syrien pour fuir l'offensive lancée par le régime de Damas autour de la ville d'Alep.

Selon un journaliste de l'AFP, la situation était calme au poste-frontière turc d'Oncupinar, face à la ville syrienne de Bab al-Aslam, où aucune entrée ou sortie du territoire turc n'était autorisée en début de matinée.

Aucun afflux de réfugiés n'était visible depuis la Turquie. Seuls quelques véhicules de la police turque étaient stationnés dans le long couloir protégé qui fait office de no man's land entre les deux pays, a constaté le journaliste de l'AFP.

Selon le gouvernement turc et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des dizaines de milliers de civils ont quitté Alep, cible depuis lundi d'une vaste offensive de l'armée du président syrien Bachar al-Assad, soutenue par d'intenses bombardements de l'aviation de Moscou, son principal allié.

"Il y a maintenant 10.000 nouveaux réfugiés qui attendent à la porte de Kilis à cause des bombardements aériens et des attaques sur Alep. De 60.000 à 70.000 personnes font mouvement des camps du nord d'Alep vers la Turquie", a affirmé jeudi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu à Londres.

L'OSDH a rapporté que près de 40.000 civils de la région avaient fuit leurs foyers depuis lundi et que des milliers d'entre eux se trouvaient sans abri près de la Turquie.

La Turquie, qui accueille déjà quelque 2,5 millions de Syriens sur son sol, a mis en cause le régime de Damas, qu'elle combat, et ses "complices" russes.

Ses dirigeants ont également exhorté la communauté internationale à réagir.

"Environ 10.000 personnes venues d'Alep attendent aujourd'hui à la frontière pour entrer en Turquie. Les Russes bombardent sans répit, le régime (de Damas) bombarde sans répit. Mais le monde se tait", a déploré jeudi soir le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan, en visite en Equateur.

L'ancienne capitale économique de la Syrie est depuis 2012 une place forte des rebelles qui en contrôlent l'est, tandis que les quartiers ouest sont aux mains du régime.

pho-pa/at