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05/02/2016 13:18 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Syrie: Kerry exhorte la Russie à cesser ses frappes qui "tuent femmes et enfants"

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a exhorté vendredi la Russie à mettre fin à ses frappes en Syrie, qui "tuent femmes et enfants en grand nombre" et à appliquer un cessez-le-feu, à une semaine d'une réunion internationale sur cette guerre.

"La Russie m'a dit très directement qu'elle était disposée à faire un cessez-le-feu. Les Iraniens ont confirmé à Londres il y a un jour et demi qu'ils soutenaient maintenant un cessez-le-feu", a déclaré M. Kerry lors d'une conférence de presse au département d'Etat, de retour d'une tournée en Europe consacrée au conflit syrien.

"Nous saurons dans les tout prochains jours qui est sérieux et qui ne l'est pas", a-t-il martelé à l'adresse de Moscou, principal allié de Damas et qui bombarde depuis plusieurs jours autour de la ville syrienne d'Alep.

M. Kerry a affirmé qu'il existait "des preuves selon lesquelles la Russie a clairement recours à ce qu'on appelle des bombes classiques sans guidage. Ce ne sont pas des bombes de précision, et des civils, notamment des femmes et des enfants, sont tués en grand nombre".

Il a condamné le fait que "des hôpitaux étaient touchés, des quartiers de civils étaient touchés", voire que "lorsque des secouristes arrivent pour extraire des blessés, des bombardiers reviennent et tuent les gens qui retirent des blessés".

"Cela doit s'arrêter", a tonné le secrétaire d'Etat, qui s'exprimait devant la presse aux côtés du président colombien Juan Manuel Santos.

"Les Russes ont présenté quelques idées constructives sur la manière de mettre en oeuvre un cessez-le-feu. Mais si c'est parler pour le simple fait de parler, afin de continuer à bombarder, personne ne va l'accepter", a encore mis en garde le chef de la diplomatie américaine.

Après des mois de rapprochement et de coopération avec la Russie pour trouver une sortie de crise en Syrie, le département d'Etat et son patron John Kerry ont clairement changé de pied depuis mercredi en accusant l'armée russe, alliée des forces syriennes, d'avoir sapé les très fragiles efforts de paix. Washington a même jugé que Moscou était "en partie" responsable de l'arrêt mercredi à Genève de discussions indirectes inter-syriennes qui avaient à peine commencé.

Les Etats-Unis et la Russie sont les grands artisans de la reprise du processus diplomatique sur la guerre en Syrie.

Après des réunions à Vienne et à New York fin 2015, les puissances mondiales et régionales, dont Washington, Moscou, Ryad et Téhéran, réunies dans le Groupe international de soutien à la Syrie, doivent se retrouver le 11 février à Munich pour discuter d'un règlement, en particulier d'un cessez-le-feu, à une guerre qui a fait quelque 260.000 morts et des millions de réfugiés en cinq ans.

Ce processus diplomatique, dit de Vienne, a été consacré le 18 décembre par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée par ses 15 membres, dont Moscou. Ce texte appelle notamment à l'instauration d'un cessez-le-feu et à un accès humanitaire aux villes assiégées.

nr/elc