NOUVELLES
04/02/2016 21:39 EST | Actualisé 04/02/2017 00:12 EST

Népal: les survivants du séisme à l'épreuve des températures glaciales

Neuf mois après le puissant séisme qui a dévasté le Népal, des milliers de survivants endurent des journées glaciales dans de fragiles abris temporaires, dans l'attente de l'aide de l'Etat pour reconstruire leur logement.

La menace de glissements de terrain a forcé les familles du village reculé de Laprak, près de l'épicentre du séisme dans l'ouest du Népal, à s'installer provisoirement sur un site situé mille mètres plus haut.

Rajani Gurung a dû suivre le mouvement avec son nouveau-né et ses deux filles. Le tremblement de terre du 25 avril qui a tué pratiquement 9.000 personnes a réduit sa maison en gravats.

Mais son nouvel abri, constitué de tôle fine et de bâches, offre peu de protection contre la neige qui recouvre désormais le camp. Un vent glacial s'infiltre dans les interstices et des gouttes d'eau de neige fondante imprègnent draps et couvertures.

"La vie est difficile ici en raison du froid mais nous n'avons pas le choix. Nous ne pouvons pas regagner notre ancien village", dit la jeune femme de 28 ans.

L'autorité de reconstruction du Népal (NRA), censée organiser la reconstruction, n'a été créee qu'en décembre après des mois d'atermoiements politiques, et en dépit des promesses d'aide de milliards de dollars de la communauté internationale.

Les survivants n'ont reçu jusqu'à maintenant que 150 dollars par foyer d'indemnisation, le gouvernement promettant de leur allouer 2.000 dollars de plus une fois la NRA en mesure de verser les fonds.

La NRA est en train de conduire une évaluation minutieuse des zones touchées et espère entamer la reconstruction d'ici avril.

Mais les survivants de Laprak et d'ailleurs expliquent qu'ils ne peuvent pas attendre.

Bis Bahadur Gurung, un autre habitant, dit qu'ils sont nombreux à être prêts à entamer un mouvement de protestation si le gouvernement ne réagit pas rapidement.

"Si le gouvernement repousse encore l'aide à la reconstruction de nos maisons, nous sommes prêts à nous rendre à Katmandou et à organiser un sit-in devant les responsables" politiques, dit cet homme de 50 ans.

"Nous avons assez d'habits, de couvertures et de matériel de secours. Mais c'est difficile car nous n'avons pas de maison".

str-pm/co/ef