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05/02/2016 09:21 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Mali: quatre assaillants et un militaire malien tués dans une attaque contre l'ONU à Tombouctou

Des jihadistes présumés ont lancé vendredi une double attaque contre la force de l'ONU à Tombouctou, dans le nord du Mali, une "opération minutieusement préparée" qui a coûté la vie à un militaire malien, ainsi qu'à au moins quatre assaillants.

L'attaque, qui s'est achevée en début d'après-midi, intervient au lendemain d'une cérémonie de "sacralisation" des mausolées de la ville détruits par les jihadistes en 2012 et reconstruits grâce à un projet de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).

La région était alors contrôlée par des groupes islamistes, chassés depuis 2013 mais qui continuent de frapper régulièrement.

Lancée tôt le matin, l'attaque a visé "La Palmeraie", un ancien hôtel situé dans le secteur sud de Tombouctou, entre l'aéroport et le quartier administratif de la ville, où la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a installé une de ses bases, occupée par des policiers nigérians.

Le ministre malien de la Défense, Tièman Hubert Coulibaly, a estimé que "les terroristes (étaient) au nombre d'une demi-douzaine", ajoutant que "leur nombre exact sera précisé" ultérieurement.

"Trois ont été neutralisés, un s'est fait exploser", a-t-il affirmé lors d'un point de presse, sans se prononcer sur d'éventuels survivants.

"Nous continuons à ratisser, nous continuons aussi des patrouilles pour assurer la sécurité des populations", a déclaré un responsable de l'armée malienne sur le terrain sous le couvert de l'anonymat.

La "double attaque", à la voiture piégée, dans le but de surprendre, de faire d'énormes dégâts", suivie d'un assaut, était une "opération minutieusement préparée", a souligné cet officier.

Le ministre a expliqué que les assaillants avaient utilisé "un véhicule bourré d'explosifs qui a foncé sur une entrée, afin d'ouvrir la voie à un second échelon de terroristes qui suivait".

Un officier a été tué, et trois autres militaires maliens ont été blessés, a-t-il indiqué, faisant également état de deux civils blessés.

- 'La paix dérange' -

La cible était "un camp de la police de la Minusma", a affirmé dans un communiqué le chef de la Mission de l'ONU, Mahamat Saleh Annadif, précisant que "la détonation d'un véhicule piégé a légèrement blessé un policier" de l'ONU.

"L'attaque est l'oeuvre des ennemis de la paix. Nous sommes conscients que la paix dérange, mais elle est en marche, et la mise en oeuvre de l'Accord est irréversible", a-t-il assuré, en référence à l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre le gouvernement malien, les groupes qui le soutiennent et l'ex-rébellion à dominante touareg.

Le contingent de policiers nigérians était en cours de déménagement vers un autre site. La plupart avaient quitté les lieux, mais il en restait sur place quelques-uns et du matériel appartenant à la Minusma, a indiqué à l'AFP une source de sécurité au sein de la Minusma.

Selon un habitant des environs, les assaillants avaient "vraiment préparé leur plan". Les assaillants auraient "d'abord exploser leur voiture pour qu'après la Minusma vienne voir les dégâts pour les attaquer encore", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés par l'intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Les jihadistes restent toutefois actifs dans cette région où des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

Au moins quatre militaires maliens avaient été tués le 28 janvier dans deux attaques distinctes, un à Tombouctou par un tireur embusqué et trois près de Gao, dans l'est du pays, dans l'explosion d'un engin au passage de leur véhicule.

Ils ont aussi frappé en novembre à Bamako (20 morts) et dans la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, le 16 janvier (30 morts).

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a également revendiqué l'enlèvement le 7 janvier d'une Suissesse qui vivait depuis des années à Tombouctou, où cette protestante, qui se disait investie d'une mission évangélisatrice, se livrait au prosélytisme, selon le groupe.

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