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05/02/2016 13:00 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Le ministre Carr défend le caractère politique des décisions sur les oléoducs

CALGARY — Le secteur pétrolier se plaint souvent d'un processus de prise de décision pour les oléoducs jugé trop politique, mais le ministre fédéral des Ressources naturelles n'a pas cherché à minimiser cette description lorsque questionné devant des gens d'affaires, vendredi, à Calgary.

Lors d'une séance de questions et de réponses organisée par la Chambre de commerce de Calgary, Jim Carr a affirmé que le processus avait «bien sûr» un caractère politique.

L'Office national de l'énergie (ONÉ), un organisme de réglementation indépendant, tient des audiences et fait des recommandations sur l'approbation ou le rejet de projets d'oléoducs et gazoducs. Mais le cabinet fédéral a le dernier mot pour déterminer si un projet est dans l'intérêt du pays.

M. Carr a fait valoir qu'il y avait des décisions prises en fonction de l'intérêt du pays chaque jour au Parlement, que ce soit pour une mesure fiscale, un projet de loi ou un décret.

Le ministre a dit ne pas partager l'interprétation cynique du terme «politique» que certains font en ce qui a trait aux oléoducs et gazoducs.

Les patrons d'entreprises derrière deux projets controversés à l'étude de l'ONÉ — le chef de la direction de TransCanada, Russ Girling, et le président de Kinder Morgan Canada, Ian Anderson — se trouvaient à la première table de l'événement organisé par la Chambre de commerce de Calgary.

«Je vois le terme politique comme étant au coeur même de notre démocratie, a dit le ministre Carr aux journalistes. Nous sommes élus en fonction d'un programme. Nous avons un mandat émanant du premier ministre. Nous devons rendre des comptes dans l'atteinte de ces objectifs.»

«Nous devons rendre des comptes au premier ministre et au gouvernement. Nous rendons des comptes à la population du Canada, ultimement. Et si vous connaissez une meilleure manière, laissez-le moi savoir», a-t-il ajouté.

La semaine dernière, M. Carr et la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, ont annoncé des changements visant à «rétablir la confiance» dans l'examen des projets d'oléoducs, notamment en étudiant les impacts plus larges sur les changements climatiques et en élargissant les consultations avec les communautés autochtones touchées.

Cela signifie qu'il faudra quelques mois de plus à Ottawa pour en arriver à des décisions finales sur les projets Énergie Est de TransCanada et Trans Mountain de Kinder Morgan.

M. Carr a fait valoir que le processus réglementaire simplifié pour les oléoducs et gazoducs sous le précédent gouvernement conservateur n'avait pas été à l'avantage des entreprises du secteur.

«Une raison pour laquelle rien n'a été construit est qu'il n'y avait pas de confiance du public envers le processus réglementaire. C'est pourquoi dans le contexte d'un gouvernement enraciné en Alberta, dirigé par l'Alberta, alors que les prix du pétrole étaient à 100 $ US, nous n'avons pas pu faire construire un seul kilomètre de pipeline», a déclaré le ministre.

«Est-ce qu'il serait logique pour ce gouvernement de dire qu'il ferait la même chose en espérant des résultats différents? Je ne crois pas. J'estime qu'une approche raisonnable serait de dire que nous devrons faire les choses de manière différente», a dit M. Carr.