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05/02/2016 09:45 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

L'AQCPE intensifie les moyens de pression contre les compressions de 120 M $

MONTRÉAL — Le plus important des regroupements de centres de la petite enfance entreprend une intensification des moyens de pression en vue de faire reculer le gouvernement Couillard, qui prévoit toujours réduire de 120 millions $ l'enveloppe budgétaire des services de garde subventionnés.

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) invite parents, grands-parents et enfants à manifester «leur dégoût» lors d'une série de rassemblements ce dimanche, le plus important à Montréal, mais aussi dans 17 autres villes du Québec.

L'Association, qui représente environ les trois quarts des CPE, annonce également des fermetures d'établissements, soit pour quelques heures ou des journées complètes à compter du mois de mars, selon ce que décideront les parents des CPE.

Son président, Louis Sénécal, affirme qu'entre 2000 et 2500 emplois, occupés presque exclusivement par des femmes, sont menacés, dont 900 dans la seule région de Montréal. Il s'est interrogé sur ce que serait la réaction de la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, si 900 emplois était perdus d'un coup.

L'Association estime que tout l'argumentaire soutenant les compressions, qui s'appuyait sur le piètre état des finances publiques, ne tient plus puisque Québec prévoit désormais des surplus.

L'organisme estime que ces compressions sont d'autant plus odieuses que Québec prévoit engranger en même temps 170 millions $ de plus des parents avec les nouveaux tarifs modulés selon le revenu, qu'il qualifie de «taxe famille».

M. Sénécal affirme que des parents remettent désormais en question l'arrivée d'un troisième enfant en raison de cette mesure fiscale et que des familles songent même à laisser tomber un deuxième emploi, habituellement celui de la femme, afin de pouvoir garder les enfants à la maison. Il souligne qu'il est impossible pour des jeunes ménages, dans une économie où se multiplient les situations de travail autonome ou précaire, de mettre des sommes de côté pour faire face à une dépense supplémentaire de quelques milliers de dollars.

Par ailleurs, l'AQCPE ne reconnaît nullement l'entente de financement conclue récemment entre Québec et le regroupement minoritaire de CPE, le Conseil québécois des services de garde éducatifs à l'enfance (CQSGEE), puisque celle-ci n'a pas réussi à faire reculer le gouvernement sur les compressions prévues.

L'Association a rencontré le nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx, jeudi, et dit avoir noté une ouverture à la négociation, bien que le ministre ait réitéré son objectif de réduction de financement de 120 millions $.