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05/02/2016 01:48 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Israël: la classe politique indignée après une rencontre de députés arabes avec des proches d'assaillants

Trois députés arabes ont déclenché la fureur du reste de la classe politique israélienne en rencontrant les familles d'auteurs d'attentats anti-israéliens ou leurs représentants.

"Des membres de la Knesset qui apportent leur réconfort aux familles de terroristes qui ont assassiné des Israéliens ne méritent pas de siéger à la Knesset", a dit jeudi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué. Il a demandé au président de la Knesset (le Parlement) d'examiner quelles sanctions pouvaient être prises.

La controverse qui faisait la Une des journaux israéliens vendredi éclate dans un climat de violences renouvelées, avec une série d'attaques anti-israéliennes par des Palestiniens, souvent ensuite abattus par les forces de l'ordre. Elle touche à la question sensible de la non-restitution par Israël des corps des auteurs d'attentats à leurs proches.

Les députés Basel Ghattas, Jamal Zahalka et Haneen Zoabi ont rencontré mardi des représentants des proches et d'un groupe de soutien aux familles pour récupérer les corps.

Parmi eux figurait le père de Bahaa Aliane qui, avec un autre Palestinien, a tué trois personnes le 13 octobre, avant d'être tué.

Balad, le parti des trois parlementaires, a expliqué dans un communiqué qu'il s'agissait d'aider les familles dans leurs efforts pour récupérer les dépouilles soustraites par Israël "en violation de toutes les lois (...) humanitaires internationales".

La confiscation est "un acte de vengeance" contre les familles, dénonce Balad qui fait partie avec d'autres partis arabes de la Liste unie, la troisième formation au Parlement.

Ce groupe représente les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d'Israël. Citoyens israéliens, les Arabes israéliens représentent 17,5% de la population. Ils se revendiquent Palestiniens pour leur grande majorité.

La rencontre, qui n'a été révélée que jeudi, a ulcéré quasiment toute la classe politique.

Oren Hazan, député du Likoud (droite, le parti de M. Netanyahu), a dénoncés ces élus arabes comme les membres d'une "cinquième colonne". L'Union sioniste (centre-gauche) a estimé que la rencontre "favorisait le terrorisme". Le populiste Avigdor Lieberman a qualifié les trois députés de "représentants des organisations terroristes à la Knesset".

Devant l'enchaînement des violences, Israël a annoncé qu'il ne restituerait plus les corps des auteurs d'attentats. Dans les faits, il en a rendu plusieurs dizaines mais en conserve encore dix.

Cette pratique est très mal vécue par les Palestiniens pour des raisons religieuses, qui commandent d'enterrer les morts au plus vite, et humaines.

lal/sbh/vl