NOUVELLES
05/02/2016 06:47 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Guinée: un dirigeant de l'opposition de retour d'exil en France exclu de son parti

Le vice-président du principal parti d'opposition en Guinée, Amadou Oury Bah, rentré d'exil en France après avoir été gracié par le chef de l'Etat de sa condamnation à perpétuité, a été exclu de sa formation pour "indiscipline et insubordination", a-t-on appris vendredi auprès de celle-ci.

Il lui est notamment reproché ses "discours diffamatoires" dans les médias "à l'encontre du président et de la direction nationale du parti", selon une copie de la décision consultée par l'AFP, datée de vendredi et signée par le chef de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo.

En réaction, M. Bah a estimé que "Cellou Dalein confirme ouvertement sa volonté de détruire l'unité de l'UFDG, il a signé sa forfaiture en prenant cette décision nulle et de nul effet".

Selon un porte-parole du parti, Sékou Chérif Fadiga, l'exclusion a été prononcée à l'issue d'un débat interne de quatre heures jeudi soir rassemblant la direction nationale et les députés de cette formation après que toutes les tentatives de médiation se sont révélées vaines.

"Depuis son retour au pays après quatre années d'exil par la faute du président Alpha Condé qui l'a accusé de tentative de coup d'Etat, il (Amadou Oury Bah) a multiplié les attaques contre la direction nationale du parti et son président", tout en affichant "son soutien ferme au pouvoir à travers des sorties médiatiques", a souligné M. Fadiga.

Interrogé jeudi à la télévision nationale sur ce "changement brusque de ton" envers le président Condé, M. Bah a répété, comme il l'avait fait à son retour au pays le 24 janvier, vouloir s'inscrire "dans une dynamique de décrispation".

Amadou Oury Bah, exilé en France, avait été condamné à perpétuité par contumace par une Cour d'assises pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", au procès de l'attaque du domicile privé d'Alpha Condé le 19 juillet 2011 à Conakry, au cours de laquelle un membre de la garde présidentielle avait été tué.

Il a bénéficié d'une grâce présidentielle, peu après l'entrée en fonctions du chef de l'Etat pour son second mandat le 21 décembre 2015, avec 170 autres personnes, dont trois avaient écopé de peines de prison ferme en relation avec cette attaque.

bm/sst/cs/cyj