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05/02/2016 02:14 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Grèce/réfugiés: l'Allemand De Maizière veut "réduire les flux" arrivant de Turquie

Le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière a insisté sur la nécessité de "réduire les flux" de réfugiés et migrants qui arrivent de Turquie en Grèce, lors d'une visite vendredi à Athènes.

"L'Europe fait face à un grand défi avec cette crise des réfugiés", a-t-il dit. Le but "ne peut pas être seulement d'enregistrer totalement les réfugiés qui arrivent et de procéder à leur répartition équitable", mais aussi avant tout " de "réduire les flux de réfugiés qui arrivent" en Europe, a insisté M. de Maizière.

Le ministre, qui s'exprimait en présence de ses homologues français Bernard Cazeneuve et grec Panayotis Kouroublis, a souligné qu'il n'était pas venu en Grèce "pour poser des exigences, mais travailler à des solutions communes et ce le plus rapidement possible".

Il a rappelé qu'il y avait "beaucoup à faire et rapidement" pour l'identification et l'enregistrement des arrivants, avec notamment la mise en place effective du système d'information Schengen et de prise d'empreintes digitales Eurodac.

L'Allemagne va envoyer en Grèce "cent policiers supplémentaires" et "deux navires" pour surveiller les frontières, a-t-il indiqué, rappelant que son pays soutenait une réforme de Frontex, l'Agence européenne de surveillance des frontières, la rendant "compétente en tant que garde-côtes".

Mais nous voulons aussi "intensifier le retour de ceux qui n'ont pas besoin de protection, également depuis la Grèce", et nous voulons "améliorer la coopération opérative avec la Turquie," notamment par un combat déterminé des passeurs, a-t-il souligné.

"Nous ne voulons pas mettre Schengen en danger, c'est pourquoi nous devons travailler rapidement à des solutions communes", a affirmé le ministre dont le pays a accueilli plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015.

M. Kouroublis a de son côté assuré que les ministres s'étaient accordés "sur le besoin d'aller de l'avant en collaboration étroite avec la Turquie" pour mieux organiser la prise en charge des réfugiés sur le territoire turc.

Le ministre grec a également demandé aux ministres allemand et français de "bien vouloir intervenir au niveau des pays de l'Union européenne pour qu'ils permettent le passage" des réfugiés par la route des Balkans. La Grèce redoute, si cette voie se refermait comme le réclame notamment la Hongrie, de se retrouver à devoir prendre en charge des centaines de milliers de candidats à l'asile.

M. Cazeneuve a pour sa part réitéré sa demande que les décisions prises en décembre par l'UE soient "rapidement appliquées". Il a cité la mise en place des contrôles aux arrivées, la montée en puissance de Frontex et l'exploitation du système d'information Schengen, qui doit être "systématiquement interrogé", et pour cela "alimenté de façon identique" par les services de renseignement.

L'objectif est que "cette crise soit surmontée rapidement parce qu'il y a urgence", "si l'Europe n'est pas capable de mettre en oeuvre rapidement les engagements qu'elle a pris, il y aura une hypothèque qui pèsera sur Schengen" ce que nous ne voulons "à aucun prix", a-t-il insisté.

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