NOUVELLES
05/02/2016 09:12 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

France: prison avec sursis pour une femme battue qui a tué son mari

Une femme battue, jugée par la justice française pour avoir tué son mari violent, a été condamnée vendredi à de la prison avec sursis, moins d'une semaine après une grâce présidentielle accordée à une autre femme lourdement condamnée pour des faits similaires.

Bernadette Dimet, 60 ans, a été condamnée à cinq ans de prison avec sursis pour avoir tué son mari avec un fusil de chasse après des années de violences conjugales. Elle ressortira libre de son procès qui se tenait depuis jeudi à Grenoble, dans le sud-est de la France.

Huit ans de prison avaient été requis contre Mme Dimet, accusée initialement d'assassinat, mais condamnée finalement pour des faits de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les jurés ont écarté la préméditation mais aussi l'intention de tuer.

Ce verdict intervient après une grâce accordée dimanche par le président François Hollande à Jacqueline Sauvage. La condamnation à 10 ans de prison de Mme Sauvage, pour avoir tué son mari après 47 ans d'enfer conjugal et de violences notamment sexuelles, avait suscité une forte mobilisation en France, où plus de 400.000 personnes avaient signé une pétition en sa faveur.

Au procès de Mme Dimet, l'avocate générale avait appelé les jurés à ignorer cette affaire très médiatisée: "ne pas renvoyer Bernadette Dimet en prison serait dénier à Bernard Bert (son mari, ndlr) sa qualité d'humain", avait-elle lancé dans son réquisitoire.

Agée de 60 ans, l'accusée était passible de la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir abattu le 2 janvier 2012 Bernard Bert, 62 ans.

Après une altercation au sein du couple, elle s'était rendue, armée d'un fusil de chasse, dans la clairière d'une forêt de la région de Grenoble, et avait tiré deux cartouches dont l'une avait touché mortellement son mari.

"Je suis partie dans l'intention de me suicider. Il m'a poursuivie, s'est approché de moi et m'a fait peur. Le coup est parti", s'était défendue Mme Dimet à la barre.

Dans son réquisitoire, la procureure a contesté cette version des faits, alors que les débats ont en fait peu porté sur les faits, s'attardant longuement sur le contexte d'une vie conjugale faite de souffrances et de violences.

La procureure a reconnu les "violences physiques et psychologiques", le "harcèlement", les "menaces" contre l'accusée pendant quarante années de vie conjugale, mais a estimé que ces violences ne donnent "pas de permis de tuer". Mme Dimet "pouvait échapper à son mari autrement qu'en l'éliminant", avait estimé la magistrate.

aag/ppy/bpi/hba/mr