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05/02/2016 09:40 EST | Actualisé 05/02/2016 09:42 EST

«Prendre des risques, ça m'allume!» - Hugo Dubé (ENTREVUE)

colibriphoto

Il joue Claudio Brodeur, le fameux chef du East Gay Gang dans Série Noire, et on pourra le voir à l’écran aux côtés du Français Thierry Lhermitte dans La Nouvelle vie de Paul Sneijder. Et entre deux tournages, l’acteur donne des conférences sur la créativité et l’innovation. Très naturel et spontané, Hugo Dubé a le rire facile et s’intéresse à tout, évoquant aussi bien la littérature que la génétique. Entrevue avec un acteur touche-à-tout.

La Nouvelle vie de Paul Sneijder sortira au Québec cet automne. Ça raconte quoi?

Un homme décide de changer de vie après la mort tragique de sa fille dans un accident d’ascenseur, d’où il est ressorti unique survivant, et il devient promeneur de chiens. Moi je joue un conférencier-psychologue et motivateur. C’est plein d’humour noir, de grisaille québécoise des mois d’hiver... Mais c’est une très belle histoire. Et c’était très agréable de parler en vrai québécois dans ce film qui va aussi sortir en France! Il n’était pas question de français normatif dans nos répliques.

Comment s’est passé le tournage ?

On faisait entre 29 et 40 prises pour chaque scène! Pour un acteur québécois, c’est surprenant. Ici, c’est la panique après six prises... On n’a pas souvent le budget de faire beaucoup plus. Là c’était une autre façon de fonctionner. Ça peut devenir déstabilisant et il faut gérer son énergie différemment, mais à la longue on découvre d’autres possibilités d’interprétation.

Vous jouiez notamment aux côtés de Thierry Lhermitte…

Oui, et j’ai découvert un humain formidable et un acteur très professionnel. C’est vraiment un chic type. Et drôle: avec lui j’ai rigolé à en avoir mal au ventre. C’était très formateur de le regarder travailler, et son humilité et humanité font du bien. Il brise les préjugés sur les Français! (Rires)

hugo dubé

En plus d’être acteur, vous êtes aussi conférencier sur l’innovation et la créativité. C’est une facette de vous qu’on ne connaissait pas...

Je suis quelqu’un de rassembleur, et ça n’a pas étonné mes amis d’enfance que je devienne conférencier! Je suis curieux de nature: j’adore les documentaires, la lecture…Je donne environ 50 et 60 conférences par an, selon mes tournages. Pour le moment je suis surtout dans le monde corporatif, mais j’aimerais éventuellement faire des conférences pour le grand public. Je veux stimuler l’adulte, pour qu’il soit ensuite contagieux avec les jeunes qui l’entourent!

De quoi parlez-vous dans votre conférence?

Je ne raconte pas ma vie. La vie des gens heureux n’intéresse personne - et j’espère que la mienne n’intéressera jamais personne! Cette conférence de 90 minutes parle de la créativité, du risque créatif, pour amener les gens à se poser des questions; tant qu’on se pose des questions, il y a un potentiel de créativité. La créativité et l’innovation ont toujours fait partie de l’espèce humaine, elles me fascinent. Au début, ma conférence s’intitulait «i-créativité», en référence à l’innovation et l’interconnectivité, puis je l’ai rebaptisée «Osez la créativité, tout peut s’enclencher…» J’ai travaillé plus de 700 heures pour préparer cette conférence.

Vous définissez-vous plus comme acteur ou conférencier?

Les deux! Je suis comédien depuis trente ans, et c’est dans mes gênes. J’ai commencé les conférences en 1998 et j’aime de plus en plus ça! Je suis un acteur conférencier. C’est avec Patrice Lécuyer que je me suis présenté la première fois en tant que conférencier. Il m’a dit de ne pas en avoir honte et de m’assumer, car on a le droit d’être plusieurs choses à la fois. Ce sont d’ailleurs les humoristes qui nous ont pavé la route, eux qui font souvent à la fois des shows d’humour, de l’animation, du cinéma… C’est bien d’être multidisciplinaire!

Et puis ily a beaucoup de points en commun entre l’acteur et le conférencier...

Oui. En conférence, je veux capter l’attention des gens, et surtout faire en sorte qu’ils passent un bon moment. Il faut que l’émotion soit là aussi - comme dans mon métier d’acteur. En fait je me considère comme un archéologue des émotions. L’autre point commun, c’est prendre des risques; ça, ça m’allume.

Comment gérez-vous tout ça?

J’ai un bon agent d’acteur et un bon agent de conférencier! Il faut être bien entouré et savoir gérer les périodes de pointe, comme dans tous les métiers. Je fais aussi beaucoup de méditation, ça calme le cheval fougueux dans ma tête; ce qui est difficile parfois, dans ce monde où on est bombardés d’informations. La méditation m’amène une meilleure concentration et me permet d’être plus efficace. Je fais aussi beaucoup de sport pour évacuer les tensions. J’aime courir, le tennis, la musculation… Ça permet de s’enfoncer dans la vieillesse avec tonus!

Et de garder l’équilibre…

Oui, surtout que parfois mon personnage de Claudio Brodeur m’emmenait dans une énergie spéciale. C’est très important de trouver l’harmonie avec le texte et le réalisateur pour oser plonger… Mais Jean-François [Rivard, le réalisateur de Série Noire, ndlr] fait très attention à ses acteurs. Il a une vraie créativité, et j’aime ça.

Sinon, d’autres projets à venir?

Il est possible que je sois de retour dans la saison 2 de Ruptures, dans un nouveau bureau d’avocats. En attendant, je suis toujours disponible pour les projets intelligents!

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