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05/02/2016 01:22 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

En Allemagne, un programme pour préparer 10.000 réfugiés à un apprentissage

Le gouvernement allemand et la fédération de l'artisanat ont annoncé vendredi le lancement d'un programme visant à procurer à 10.000 jeunes réfugiés une place en apprentissage dans ce secteur de l'économie, chroniquement en mal de main d'oeuvre.

Avec le soutien de l'Agence pour l'emploi, le ministère de l'Education et la fédération ZDH vont s'employer entre avril 2016 et avril 2018 à préparer 10.000 réfugiés de moins de 25 ans ou candidats à l'asile avec une forte chance de pouvoir rester en Allemagne à entrer en apprentissage chez un artisan.

Concrètement, le public identifié recevra des cours de langue et de premières qualifications, et aura la possibilité de faire des stages de courte durée en entreprise.

"D'un côté nous avons un secteur avec de gros besoins, de l'autre des personnes qui ne remplissent pas encore les conditions" pour pouvoir occuper les postes vacants, a expliqué lors d'une conférence de presse à Berlin le président de l'Agence pour l'emploi, Frank Weise. Ses services vont aider "à faire une sélection tôt" des candidats, en fonction par exemple de possibles qualifications ou expériences antérieures, et les accompagner tout au long du programme.

L'an dernier, l'Allemagne a accueilli 1,1 million de candidats à l'asile, dont la moitié ont moins de 25 ans, selon la ministre de l'Education Johanna Wanka.

Dans le même temps, près de 40.000 places d'apprentis sont vacantes en Allemagne, jetant une ombre sur ce système de formation en alternance - moitié en entreprise, moitié à l'école - dont le pays est particulièrement fier. L'artisanat, qui recouvre toute une palette de métiers manuels comme comme plombier ou opticien, est particulièrement touché par la pénurie de relève.

M. Weise a insisté sur la nécessité de familiariser les nouveaux arrivants en Allemagne avec ce système de formation, pour éviter qu'une fois en apprentissage, les réfugiés ne jettent l'éponge, attirés par la perspective de gagner plus en prenant un "vrai" emploi.

"Nous avons un travail d'explication à faire", a-t-il dit. Même chose spécifiquement en direction des jeunes femmes "pour nous assurer dès le départ qu'elles aient la chance d'être inclues dans le programme".

Le ministère de l'Education a budgeté 20 millions d'euros pour le projet.

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