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05/02/2016 12:49 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Des milliers de Syriens fuient les offensives dans la région d'Alep

BEYROUTH — Des milliers de Syriens se sont rués vers la frontière turque vendredi, fuyant une violente offensive du gouvernement et des frappes aériennes russes intensives près d'Alep.

La Turquie, un allié de l'opposition syrienne, a promis de l'aide humanitaire, de la nourriture et des abris aux civils déplacés, mais n'a pas précisé si elle les laisserait entrer dans le pays, qui a déjà accueilli des centaines de milliers de réfugiés.

D'après l'ONU, près de 40 000 personnes se sont nouvellement déplacées vers plusieurs régions frontalières du nord de la Syrie. Environ 20 000 d'entre elles se seraient rendues au poste frontalier de Bab al-Salam. Les autorités turques ont dû augmenter la sécurité aux douanes et une chaîne télévisée progouvernementale a affirmé que toutes les permissions militaires et policières avaient été annulées.

Selon l'organisation humanitaire Mercy Corps, parmi les gens qui fuient vers la Turquie, une partie vient de régions contrôlées par les rebelles près d'Alep qui craignent d'être bientôt assiégées par les forces du gouvernement. D'autres civils fuient les troupes qui avancent dans des régions rurales.

Le gouvernement syrien a entrepris une offensive plus tôt cette semaine, dans des campagnes au nord d'Alep, la plus grande ville syrienne, et les soldats semblaient se préparer à encercler la ville. Les forces loyales au président, Bachar el-Assad, ont pris le contrôle de plusieurs villes et villages, ce qui a eu pour effet de bloquer une route de ravitaillement jusqu'à la Turquie.

Mercy Corps, qui livre de la nourriture aux civils dans le nord de la Syrie, a dû interrompre ses livraisons dans les régions de l'opposition plus tôt cette semaine, parce que la seule route d'accès était devenue trop dangereuse. Les frappes aériennes au nord d'Alep ont «énormément augmenté» dans les deux dernières semaines, a soutenu Rae McGrath, le directeur des opérations de l'organisme en Turquie et dans le nord de la Syrie.

La Russie a entrepris une campagne militaire aérienne à la fin septembre, disant vouloir s'attaquer au groupe armé État islamique. Cependant, des témoins affirment plutôt que les avions russes visent une grande diversité de cibles pour donner un coup de pouce aux troupes de Bachar el-Assad.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a de son côté déclaré que les «intenses frappes aériennes russes visant principalement des groupes d'opposition en Syrie nuisent aux efforts pour une solution politique au conflit».

Une tentative de mener des négociations de paix indirectes entre des délégations du gouvernement et de l'opposition ont été ajoutées mercredi. Le processus reprendra le 25 février. Le négociateur en chef de l'opposition, Mohammed Alloush, a affirmé, tard jeudi, que sa délégation n'allait probablement pas revenir à Genève, à cause de la campagne de bombardement «sans merci» de la Russie et des forces syriennes cette semaine.

Aux Nations unies, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a rapporté que Moscou prévoyait présenter, à une rencontre à Munich, des idées, notamment un cessez-le-feu, pour redémarrer les discussions. Il a ajouté que Moscou espérait que les 16 autres pays du groupe impliqué allaient «partager la responsabilité» de relancer les pourparlers.