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05/02/2016 03:18 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Crise politique en Ukraine: le Premier ministre menace de démissionner

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, critiqué pour l'absence de progrès tangibles dans les réformes, a menacé vendredi de démissionner avec tout son cabinet, deux jours après le départ retentissant de son ministre de l'Economie réformateur.

"Nous sommes arrivés comme une équipe unie et nous allons continuer de travailler comme une équipe unie et si on (le Parlement, ndlr) décide que cette équipe doit être modifiée, nous allons partir tous ensemble", a lancé M. Iatseniouk devant les députés.

Cet ultimatum semble viser directement le président Petro Porochenko qui a souligné la veille la "nécessité d'une réinitialisation immédiate" du gouvernement lors d'une rencontre avec les ambassadeurs du G7.

L'Ukraine est secouée par une nouvelle crise politique qui a éclaté après la démission surprise du ministre de l'Economie, suscitant l'inquiétude des Occidentaux et risquant d'entraver la poursuite de l'aide financière occidentale, cruciale pour ce pays embourbé depuis deux ans dans une très grave crise économique.

Lituanien naturalisé Ukrainien avant sa nomination, Aivaras Abromavicius, très apprécié des Occidentaux et des milieux d'affaires en Ukraine, a claqué la porte en accusant un influent député proche du président de bloquer les réformes de son ministère et d'entraver la lutte contre la corruption.

Cette annonce a poussé le président Porochenko et M. Iatsenouk, pro-occidentaux dont les divergences deviennent pourtant de plus en plus évidentes, à rencontrer pour tenter de les rassurer des ambassadeurs du G7, qui s'étaient déclarés "très déçus" par cette démission.

Le Fonds monétaire international (FMI), principal bailleur de fonds de l'Ukraine, a aussi exprimé sa préoccupation, y voyant un "signe clair" des blocages dans la lutte anticorruption.

Jeudi soir, quatre autres ministres qui avaient précédemment annoncé leurs démissions sans que celles-ci soient acceptées par le Parlement, ont accepté de revenir sur leur décision après une réunion d'urgence du cabinet de M. Iatseniouk. M. Abromavicius, absent à cette réunion, a toutefois annoncé sur Twitter qu'il n'allait pas "changer sa position".

La déclaration de M. Iatseniouk intervient au moment où le parti présidentiel et autres forces politiques de la coalition au pouvoir réclamaient de plus en plus prestement un remaniement de son cabinet, voire son remplacement intégral afin de donner un second souffle aux réformes qui peinent à avancer.

Pour des analystes, ces tensions croissantes risquent de ralentir davantage la mise en oeuvre des réformes, voir d'entraîner la chute de la coalition pro-occidentale et des élections législatives anticipées en automne.

ant/neo/pop/ros