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05/02/2016 11:17 EST | Actualisé 05/02/2017 00:12 EST

Casques bleus accusés d'agressions sexuelles en Centrafrique : le Congo enquête

Les autorités de Brazzaville ont ouvert une enquête après la mise en cause de soldats du contingent congolais de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) accusés d'agressions sexuelles, a-t-on appris vendredi de source officielle.

"Il a été convenu dans le cadre d'un mémorandum d'accord entre le gouvernement congolais et le secrétariat général de l'ONU qu'une enquête administrative nationale serait diligentée", a déclaré à l'AFP Thierry Moungalla, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement de la République du Congo.

Cette enquête "a été diligentée par le ministère de la Défense et les services compétents afin de vérifier la véracité des allégations et des soupçons qui font l'objet des mesures administratives", a ajouté M. Moungalla.

"Je dois confirmer notre condamnation totale si les faits étaient avérés", a affirmé le ministre, "le gouvernement a une position très claire sur ces questions: c'est la tolérance zéro pour les violations des droits de l'Homme".

Jeudi, la Minusca a indiqué avoir identifié sept nouveaux cas présumés d'agressions sexuelles commises par des Casques bleus, dont cinq au moins concernent des filles mineures.

Selon la Minusca, les soldats impliqués dans ces violences qui auraient été commises à Bambari, dans le centre du pays, entre septembre et décembre 2015, proviennent de la République du Congo (Brazzaville) et de la République démocratique du Congo (RDC).

Plusieurs plaintes semblables ont déjà visé des hommes du contingent de la RDC (environ 800 soldats et policiers), que les Nations unies ont décidé en janvier d'exclure de la Minusca, estimant que ces hommes "ne répondent que partiellement aux exigences de l'ONU en matière d'équipement, de contrôle du recrutement et de niveau de préparation au combat".

A la suite des accusations révélées jeudi, l'ONU a décidé du "rapatriement des 120 soldats congolais déployés à Bambari du 17 septembre au 14 décembre 2015", mais ceux-ci restent confinées dans leur caserne jusqu'à "la conclusion de l'enquête".

La Minusca, forte actuellement d'environ 10.000 hommes, aide notamment le gouvernement de transition à préparer et sécuriser une série d'élections censées sortir l'un des pays les plus pauvres au monde de trois ans de violences intercommunautaires.

Sur 69 cas d'agressions sexuelles présumées recensés l'an dernier par l'ONU au sein de ses missions de paix dans le monde, 22 concernaient la Minusca.

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